Les deux moines échangèrent un furtif coup d'oeil que Pardaillan surprit au passage.
—Monsieur le chevalier désire-t-il qu'on lui fasse autre chose? insista le moine.
—Non, mon révérend, je ne désire rien qu'une chose...
—Laquelle? fit le moine avec empressement.
—Que vous me laissiez seul, dit froidement Pardaillan.
Les deux moines échangèrent encore le même coup d'oeil furtif que Pardaillan surprit encore, puis ils contemplèrent une dernière fois les mets appétissants dont la table était chargée, et sortirent enfin en étouffant un gros soupir.
Dès qu'ils furent dehors, Pardaillan s'assura d'un coup d'oeil que le judas de la porte était bien fermé. Il s'approcha alors de la table et contempla les plats, nombreux et variés, qui la garnissaient. Il en prit quelques-uns au hasard et se mit à les sentir avec une attention soutenue.
«Je ne sens rien d'anormal, se dit-il en posant les plats à leur place. En revanche, mordieu! je sens que j'étrangle de faim et de soif!...
Il prit un flacon.
«Hermétiquement bouché! dit-il. Mais qu'est-ce que cela prouve!»