Heureusement, l'intelligence du colosse était loin d'égaler sa force. Exaspéré par les paroles de Pardaillan, il posa rudement la jeune fille à terre et se rua tête baissé, l'épée haute.
En même temps que lui. Centurion, Barrigon et les autres attaquèrent. Pardaillan eut devant lui un cercle d'acier qui cherchait de toutes parts à l'atteindre. Il dédaigna de s'en occuper.
Il porta toute son attention sur Barba Roja, pensant, non sans raison, que le chef atteint les autres ne compteraient plus. Et, d'un coup droit, foudroyant, presque au jugé, il se fendit à fond.
Barba Roja, traversé de part en part, leva les bras, laissa tomber son épée et se renversa comme une masse en rendant des flots de sang.
Un instant, il talonna le sol à coups furieux, puis il se tint immobile: il était mort.
Alors, Pardaillan se tourna vers Centurion. Il sentait que, celui-là, comme Barba Roja, agissait pour son compte personnel. Celui-là avait aussi une haine à satisfaire.
Ce ne fut pas long. D'un coup de pointe, il atteignit Centurion à l'épaule, d'un coup de revers il enleva une partie de la joue de Barrigon, qui le serrait de trop près.
Il y eut un double hurlement suivi d'une double chute, et Pardaillan n'eut plus devant lui que les treize, lesquels, se battant uniquement pour gagner honnêtement l'argent qu'on leur donnait, étaient loin de montrer la même ardeur que les trois chefs qui venaient d'être mis hors de combat.
—A qui le tour? lança Pardaillan d'une voix tonnante. Qui veut tâter de Giboulée?
Et aussitôt deux hurlement attestèrent que deux hommes avaient tâté de Giboulée.