Un seul point noir: d'Espinosa paraissait être admirablement renseigné au sujet de cette conspiration dont le duc de Castrana était le chef avéré et dont elle était elle, le chef occulte.
D'Espinosa devait, par conséquent, connaître son rôle à elle, dans cette affaire. Cependant, il ne lui en avait jamais soufflé mot. Une chose aussi l'agaçait. Elle sentait planer autour d'elle et même chez elle une surveillance occulte qui, à la longue, devenait intolérable.
Fausta avait compris. Somme toute, elle était prisonnière. Cela ne l'inquiétait pas autrement. Elle savait que, lorsqu'elle le voudrait, elle saurait fausser compagnie à son terrible allié: d'Espinosa. Mais cela l'énervait et elle se demandait, sans pouvoir se faire une réponse satisfaisante, quelles étaient les intentions du grand inquisiteur à son égard:
Tout ceci avait été cause que, pendant les quinze jours qu'avait duré la détention de Pardaillan, elle s'était tenue sur une extrême réserve.
Tous les jours, elle allait voir d'Espinosa et s'informait de Pardaillan. D'Espinosa lui rendait compte de l'état du prisonnier et de ce qui avait été fait ou se préparait.
La veille de ce jour où nous avons vu Pardaillan arracher la Giralda aux griffes de Barba Roja, elle était allée, dans la soirée, faire sa visite au grand inquisiteur. A ses questions, d'Espinosa, sur un ton étrange, avait répondu:
—Les tourments du sire de Pardaillan sont terminés.
—Dois-je comprendre qu'il est mort? avait demandé Fausta.
Et le grand inquisiteur, sans vouloir s'expliquer davantage, avait répété sa phrase:
—Ses tourments sont terminés.