—Ouf! s'écria le Béarnais en déchirant en mille miettes, avec une satisfaction visible, le fameux parchemin. Ventre-saint-gris! monsieur, je vous devrai deux fois ma couronne... Ne dites pas non... J'ai bonne mémoire. Ça, voyons, demeurerez-vous intraitable et ne pourrai-je rien pour vous?
—Ma foi, sire, répondit Pardaillan avec son sourire bon enfant, voici qui tombe à merveille. J'ai précisément une faveur à demander à Votre Majesté.
—Bon! fit joyeusement le roi. Voyons la faveur... et si vous n'êtes pas trop exigeant...
Et, en lui-même, il se disait:
«Tu y viens, comme tous les autres!...»
Et Pardaillan se disait de son côté:
«...Si vous n'êtes pas trop exigeant!... Tout le Béarnais est dans ces mots.»
Et tout haut:
—Je demanderai à Votre Majesté la faveur de lui présenter un ami que j'ai ramené d'Espagne.
—Comment, c'est tout?...