—Essayez de franchir une des portes de la ville, dit-elle.
—J'ai des amis, je puis m'assurer les services de quelques braves résolus à tout, pourvu qu'on y mette le prix. Je passerai de force.
—Il vous faudra donc, dit tranquillement Fausta, engager une armée entière, car vous vous heurterez, vous, à une armée, à dix armées s'il le faut.
Le Torero la considéra un instant. Il vit qu'elle ne plaisantait pas, qu'elle était sincèrement convaincue que le roi ne reculerait devant rien pour le faire disparaître. A son tour, il eut la perception très nette que sa vie, comme elle le disait, ne tenait qu'à un fil. En même temps, il comprit que la lutte était impossible. Machinalement, il demanda:
—Que faire alors?
Cette question, Fausta l'attendait. Elle avait tout dit pour la lui arracher.
Très calme, elle reprit:
—Avant de vous répondre, laissez-moi vous poser une question: Voulez-vous vivre?
—Si je le veux! Mordieu! madame, j'ai vingt ans! A cet âge, on trouve la vie assez bonne pour y tenir!
—Etes-vous résolu à vous défendre?