—N'en doutez pas, madame.

—Encore faudrait-il savoir jusqu'à quel point?

—Par tous les moyens, madame.

—S'il en est ainsi, si vous m'écoutez, peut-être réussirai-je à vous sauver.

—Mais vous ne vous sauverez qu'en frappant votre ennemi avant qu'il ne vous ait mis à mal.

Ceci fut dit avec ce calme glacial que prenait Fausta en certaines circonstances. Il semblait qu'elle avait dit la chose la plus simple, la plus naturelle du monde. Malgré ce calme effroyable, elle appréhendait vivement l'effet de ses paroles, et ce n'était pas sans anxiété qu'elle observait le jeune homme.

Le Torero, à cette proposition inattendue, s'était dressé brusquement, et, livide, tremblant, il s'exclamait:

—Tuer le roi!... tuer mon père!... Vous n'y pensez pas, madame... Vous voulez m'éprouver sans doute?

—Je croyais, dit Fausta avec un léger dédain, que vous étiez un homme. Je me suis trompée. N'en parlons plus. Pourtant, moi qui ne suis qu'une femme, je ne laisserais pas la mort de ma mère sans vengeance.

—Ma mère! dit le Torero d'un air égaré.