—Oui, votre mère! Morte assassinée par celui qui vous assassinera, puisque vous tremblez a la seule pensée de frapper.
—Ma mère! répéta le Tçrero en crispant les poings avec fureur. Mais le tuer, lui, mon père!... C'est impossible! J'aime mieux qu'il me tue moi-même.
Fausta comprit qu'insister davantage risquait de lui faire perdre le terrain gagné dans cet esprit. Avec une souplesse admirable, elle changea de tactique, et avec un haussement d'épaules:
—Éh! fit-elle avec une certaine impatience, qui vous parle de tuer?
—Cependant, vous avez dit...
—J'ai dit: il faut frapper. Je n'ai pas dit, je n'ai pas voulu dire: il faut tuer.
Le Torero eut un soupir de soulagement d'une éloquence muette. Ses traits convulsés se rassérénèrent, et, pour cacher son désarroi, il s'excusa en disant:
—Pardonnez ma nervosité, madame.
—Elle me paraît naturelle, dit gravement Fausta, Je vais parler clairement. Ce que le roi craint par-dessus tout, c'est que l'on apprenne que vous êtes son fils légitime et l'héritier de sa couronne. Il eût pu employer la procédure usuelle. Cela lui eût simplifié la besogne en lui permettant de vous frapper plus sûrement peut-être. Mais, si secret que soit un jugement, si dociles que soient des magistrats, qui peut jurer qu'une indiscrétion ne sera pas commise?
—Cependant, vous disiez tout à l'heure que j'étais menacé d'une arrestation suivie d'une condamnation à mort, naturellement.