—Si je suis trop souveraine, selon vous, vous ne l'êtes pas assez de votre côté. Vous n'êtes plus un homme: vous êtes un roi. Il faut vous habituer à voir et à penser en roi. Auriez-vous commis cette erreur extravagante de penser qu'il pouvait être question d'amour entre nous? Je ne veux pas le croire. Je suis et je dois rester souveraine avant d'être femme, de même que l'homme doit s'effacer en vous devant le souverain.
Le Torero hocha la tête d'un air peu convaincu:
—Ces sentiments vous sont naturels à vous qui êtes née souveraine et avez vécu en souveraine. Mais moi, madame, je suis un simple mortel, et, si mon coeur parle, j'écoute ce qu'il me dit.
Audacieusement, elle dit:
—Et votre coeur est pris.
Très simplement, en la regardant en face sans provocation, mais avec fermeté, il répondit en s'inclinant très bas:
—Oui, madame.
-Je le savais, monsieur. Cela ne m'a pas retenue un seul instant. L'offre de ma main que je vous ai faite, je la maintiens.
—C'est que vous ne me connaissez pas, madame. Lorsque mon coeur s'est donné une fois, il ne se reprend plus.
Fausta haussa dédaigneusement les épaules.