Mis arreos son las armas, Mi descanso el pelear. (Canc. de Rom.) [26] Il y a ici un double jeu de mots : _Castellano _signifie également châtelain et Castillan; mais Cervantès emploie l'expression de _sano de Castilla, _qui, dans l'argot de prison, signifie un voleur déguisé. [27] C'est la continuation du romance cité par don Quichotte :
Mi cama las duras peñas, Mi dormir siempre velar. [28] L'hôtelier trace ici une espèce de carte géographique des quartiers connus pour être exploités de préférence par les vagabonds et les voleurs. [29] Il doit paraître étrange qu'un laboureur porte une lance avec lui. Mais c'était alors l'usage, chez toutes les classes d'Espagnols, d'être armés partout de l'épée ou de la lance et du bouclier, comme aujourd'hui de porter une escopette. Dans le _Dialogue des chiens Scipion et Berganza, _Cervantès fait mention d'un bourgeois de campagne qui allait voir ses brebis dans les champs, monté sur une jument à l'écuyère, avec la lance et le bouclier, si bien qu'il semblait plutôt un cavalier garde-côte qu'un seigneur de troupeaux. [30] Ce _romance, _en trois parties, dont l'auteur est inconnu, se trouve dans le _Cancionero, _imprimé à Anvers en 1555. On y rapporte que Charlot (Carloto), fils de Charlemagne, attira Baudouin dans _le bocage de malheur (la foresta sin ventura), _avec le dessein de lui ôter la vie et d'épouser sa veuve. Il lui fit, en effet, vingt-deux blessures mortelles, et le laissa sur la place. Le marquis de Mantoue, son oncle, qui chassait dans les environs, entendit les plaintes du blessé, et le reconnut. Il envoya une ambassade à Paris pour demander justice à l'empereur, et Charlemagne fit décapiter son fils. [31] _Les Neuf de la Renommée (los Nueve de la Fama) _sont trois Hébreux, Josué, David et Judas Machabée ; trois gentils, Hector, Alexandre et César ; et trois chrétiens, Arthur, Charlemagne et Godefroi de Bouillon. [32] C'est Alquife, mari d'Urgande la Déconnue, qui écrivit la _Chronique d'Amadis de Grèce. _La nièce de don Quichotte estropie son nom. [33] On ne sait pas précisément ni quel fut l'auteur primitif d'_Amadis de Gaule, _ni même en quel pays parut originairement ce livre célèbre. À coup sûr, ce n'est point en Espagne. Les uns disent qu'il venait de Flandre; d'autres, de France; d'autres, de Portugal. Cette dernière opinion paraît la plus fondée. On peut croire, jusqu'à preuve contraire, que l'auteur original de l'_Amadis _est le Portugais Vasco de Lobeira, qui vivait, selon Nicolas Antonio, sous le roi Denis (Dionis), à la fin du treizième siècle, et, selon Clemencin, sous le roi Jean Ier, à la fin du quatorzième. Des versions espagnoles circulèrent d'abord par fragments; sur ces fragments manuscrits se firent les éditions partielles du quinzième siècle, et l'arrangeur Garcia Ordoñez de Montalvo forma, en les compilant, son édition complète de 1525. D'Herberay donna, en 1540, une traduction française de l'_Amadis, _fort goûtée en son temps, mais oubliée depuis l'imitation libre du comte de Tressan, que tout le monde connaît. [34] Ce livre est intitulé : _Le Rameau qui sort des quatre livres d'Amadis de Gaule, appelé les Prouesses du très- vaillant chevalier Esplandian, fils de l'excellent roi Amadis de Gaule, _Alcala, 1588. Son auteur est Garcia Ordoñez de Montalvo, l'éditeur de l'_Amadis. _Il annonce, au commencement, que ces _Prouesses _furent écrites en grec par maître Hélisabad, chirurgien d'Amadis, et qui les a traduites. C'est pour cela qu'il donne à son livre le titre étrange de _las Sergas, _mot mal forgé du grec . Il voulait dire las Ergas. [35] L'histoire d'Amadis de Grèce a pour titre : _Chronique du très-vaillant prince et chevalier de l'Ardente- Épée Amadis de Grèce, _etc., Lisbonne, 1596. L'auteur dit aussi qu'elle fut écrite en grec par le sage Alquife, puis traduite en latin, puis en romance. Nicolas Antonio, dans sa _Bibliothèque espagnole, _t. XI, 394, compte jusqu'à vingt livres de chevalerie écrits sur les aventures des descendants d'Amadis. [36] L'auteur de ces deux ouvrages est Antonio de Torquémada. [37] Ou _Félix-Mars d'Hircanie, _publié par Melchior de Ortéga, chevalier d'Ubéda, Valladolid, 1556. [38] Sa mère Marcelina, femme du prince Florasan de Misia, le mit au jour dans un bois, et le confia à une femme sauvage, appelée Balsagina, qui, des noms réunis de ses parents, le nomma Florismars, puis Félix-Mars. [39] _Chronique du très-vaillant chevalier Platir, fils de l'empereur Primaléon, _Valladolid, 1533. L'auteur de cet ouvrage est inconnu, comme le sont la plupart de ceux qui ont écrit des livres de chevalerie. [40] _Livre de l'invincible chevalier Lepolemo, et des exploits qu'il fit, s'appelant le chevalier de la Croix, _Tolède, 1562 et 1563. Ce livre a deux parties, dont l'une, au dire de l'auteur, fut écrite en arabe, sur l'ordre du sultan Zuléma, par un More nommé Zarton, et traduite par un captif de Tunis ; l'autre en grec, par le roi Artidore. [41] Cet ouvrage est formé de quatre parties : la première, composée par Diego Ordoñez de Calahorra, fut imprimée en 1502, et dédiée à Martin Cortez, fils de Fernand Cortez ; la seconde, écrite par Pedro de la Sierra, fut imprimée à Saragosse, en 1586 ; les deux dernières, composées par le licencié Marcos Martinez, parurent aussi à Saragosse, en 1603. [42] Tout le monde sait que Boyardo est auteur de _Roland amoureux, _et l'Arioste de Roland furieux. [43] Ce capitaine est don Geronimo Ximenez de Urrea, qui fit imprimer sa traduction à Lyon, en 1556. Don Diego de Mendoza avait dit de lui : « Et don Geronimo de Urrea n'a-t-il pas gagné renom de noble écrivain et beaucoup d'argent, ce qui importe plus, pour avoir traduit le _Roland furieux, _c'est-à-dire pour avoir mis, où l'auteur disait _cavaglieri, _cavalleros ; _arme, _armas ; _amori, _amores ? De cette façon, j'écrirais plus de livres que n'en fit Mathusalem. » [44] Ce poëme, écrit en octaves, est celui d'Agustin Alonzo, de Salamanque, Tolède, 1585. Il ne faut pas le confondre avec celui de l'évêque Balbuéna, qui ne parut qu'après la mort de Cervantès. [45] De Francisco Garrido de Villena. Tolède, 1585. [46] Le premier des _Palmerins _est intitulé : _Livre du fameux chevalier Palmerin d'Olive, qui fit par le monde de grands exploits d'armes, sans savoir de qui il était fils, _Médina del Campo, 1563. Son auteur est une femme portugaise, à ce qu'on suppose, dont le nom est resté inconnu. L'autre _Palmerin (Chronica do famoso é muito esforzado cavaleiro Palmeirim da Ingalaterra, _etc.), est formé de six parties. Les deux premières sont attribuées, par les uns, au roi Jean II, par d'autres, à l'infant don Louis, père du prieur de Ocrato, qui disputa la couronne de Portugal à Philippe II ; par d'autres encore, à Francisco de Moraes. Les troisième et quatrième parties furent composées par Diego Fernandez ; les cinquième et sixième, par Balthazar Gonzalez Lobato, tous Portugais. [47] Ce roman est intitulé : _Livre du valeureux et invincible prince don Bélianis de Grèce, fils de l'empereur don Béliano et de l'impératrice Clorinda ; traduit de la langue grecque, dans laquelle l'écrivit le sage Friston, par un fils du vertueux Torribio Fernandez, _Burgos, 1579. Ce fils du vertueux Torribio était le licencié Geronimo Fernandez, avocat à Madrid. [48] C'est-à-dire le délai nécessaire pour assigner en justice ceux qui résident aux colonies, six mois au moins. [49] L'une était suivante et l'autre duègne de la princesse Carmésina, prétendue de Tirant le Blanc. [50] Cet auteur inconnu, qui méritait les galères, au dire du curé, intitula son ouvrage : _Tirant le Blanc, de Roche- Salée, chevalier de la Jarretière, qui, par ses hauts faits de chevalerie, devint prince et césar de l'empire grec. _Le héros se nomme Tirant, parce que son père était seigneur de la marche de Tirania, et Blanco, parce que sa mère s'appelait Blanche ; on ajouta de Roche-Salée, parce qu'il était seigneur d'un château fort bâti sur une montagne de sel. Ce livre, l'un des plus anciens du genre, fut probablement écrit en portugais par un Valencien nommé Juannot Martorell. Une traduction en langue limousine, faite par celui-ci et terminée, après sa mort, par Juan de Galba, fut imprimée à Valence en 1490. Les exemplaires de la traduction espagnole publiée à Valladolid, en 1516, sont devenus d'une extrême rareté. Ce livre manque dans la collection de romans originaux de chevalerie que possède la bibliothèque impériale de Paris. On l'a même vainement cherché dans toute l'Espagne, pour la bibliothèque de Madrid, et les commentateurs sont obligés de le citer en italien ou en français. [51] Portugais : il était poëte, musicien et soldat. Il fut tué dans le Piémont, en 1561. [52] Salmantin veut dire de Salamanque. C'était un médecin de cette ville, nommé Alonzo Perez. [53] Poëte valencien, qui continua l'oeuvre de Montemayor, sous le titre de Diana enamorada. [54] Voici le titre de l'ouvrage : _Les dix livres de Fortune d'amour, où l'on trouvera les honnêtes et paisibles amours du berger Frexano et de la belle bergère Fortune, _Barcelone, 1573. [55] Par don Bernardo de la Vega, chanoine de Tucuman, Séville, 1591. [56] Par Bernardo Gonzalez de Bobadilla, Alcala, 1587. [57] Par Bartolome Lopez de Enciso, Madrid, 1586. [58] Par Luis Galvez de Montalvo, Madrid, 1582. [59] Par don Pedro Padilla, Madrid, 1575. [60] Imprimé à Madrid en 1586. [61] Cervantès renouvela, dans la dédicace de _Persilès y Sigismunda, _peu de jours avant sa mort, la promesse de donner cette seconde partie de la _Galatée. _Mais elle ne fut point trouvée parmi ses écrits. [62] Le grand poëme épique de l'_Araucana _est le récit de la conquête de l'_Arauco, _province du Chili, par les Espagnols. Alonzo de Ecilla faisait partie de l'expédition. L'_Austriada _est l'histoire héroïque de don Juan d'Autriche, depuis la révolte des Morisques de Grenade jusqu'à la bataille de Lépante. Enfin le _Monserrate _décrit la pénitence de saint Garin et la fondation du monastère de Monserrat, en Catalogne, dans le neuvième siècle. [63] Poëme en douze chants, de Luis Barahona de Soto, 1586. [64] Il y avait, à l'époque de Cervantès, deux poëmes de ce nom sur les victoires de Charles-Quint : l'un de Geronimo Sampere, Valence, 1560 ; l'autre de Juan Ochoa de la Salde, Lisbonne, 1585. [65] _El León de España, _poëme en octaves, de Pedro de la Vecilla Castellanos, sur les héros et les martyrs de l'ancien royaume de Léon. Salamanque, 1586. [66] _Los hechos del imperador. C'est un autre poëme (Carlo famoso), _en cinquante chants et en l'honneur de Charles-Quint, composé, non par don Luis de Avila, mais par don Luis Zapata. Il y a dans le texte une faute de l'auteur ou de l'imprimeur. [67] Allusion au tournoi de Persépolis, dans le roman de Bélianis de Grèce. [68] Cervantès aura sans doute écrit Friston, nom de l'enchanteur, auteur supposé de _Bélianis, _qui habitait la forêt de la Mort. [69] En Espagne, dans la hiérarchie nobiliaire, le titre de marquis est inférieur à celui de comte. C'est le contraire en Angleterre et en France. [70] Cette aventure de Diego Perez de Vargas, surnommé _Machuca, _arriva à la prise de Xérès, sous saint Ferdinand. Elle est devenue le sujet de plusieurs romances. [71] Règle neuvième : « Qu'aucun chevalier ne se plaigne d'aucune blessure qu'il ait reçue. » (MARQUEZ, Tesoro militar de cavalleria). [72] Cervantès divisa la première partie du _Don Quichotte _en quatre livres fort inégaux entre eux, car le troisième est plus long que les deux premiers, et le quatrième plus long que les trois autres. Il abandonna cette division dans la seconde partie, pour s'en tenir à celle des chapitres. [73] Ainsi ce fut le sage Alquife qui écrivit la chronique d'Amadis de Grèce ; le sage Friston, l'histoire de don Bélianis ; les sages Artémidore et Lirgandéo, celle du chevalier de Phoebus ; le sage Galténor, celle de Platir, etc. [74] Ou cette plaisanterie, fort heureusement placée par Cervantès en cet endroit, avait cours de son temps, même hors de l'Espagne, ou Shakespeare et lui l'ont imaginée à la fois. On lit, dans les Joyeuses bourgeoises de Windsor (acte II, scène II) :
FALSTAF
Bonjour, ma bonne femme.
QUICKLY
Plaise à Votre Seigneurie, ce nom ne m'appartient pas.
FALSTAF
Ma bonne fille, donc.
QUICKLY J'en puis jurer ; comme l'était ma mère quand je suis venue au monde. [75] Cervantès veut parler de l'hébreu, et dire qu'il aurait bien trouvé quelque juif à Tolède. [76] On a donné le nom de _Morisques _aux descendants des Arabes et des Mores restés en Espagne après la prise de Grenade, et convertis par force au christianisme. Voyez, à ce sujet, mon _Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, _t. I, chap. VII. [77] Pour accommoder son livre à la mode des romans de chevalerie, Cervantès suppose qu'il fut écrit par un More, et ne se réserve à lui-même que le titre d'éditeur. Avant lui, le licencié Pedro de Lujan avait fait passer son histoire du chevalier de la Croix pour l'oeuvre du More Xarton, traduite par un captif de Tunis.
L'orientaliste don José Conde a récemment découvert la signification du nom de ce More, auteur supposé du _Don Quichotte. _Ben-Engéli est un composé arabe dont la racine, _iggel _ou _eggel, _veut dire cerf, comme Cervantès est un composé espagnol dont la racine est _ciervo. Engéli _est l'adjectif arabe correspondant aux adjectifs espagnols _cerval _ou _cervanteño. _Cervantès, longtemps captif parmi les Mores d'Alger, dont il avait appris quelque peu la langue, a donc caché son nom sous un homonyme arabe. [78] Au contraire, c'est la seule fois que Sancho soit nommé Zancas. Il est presque superflu de dire que _Panza _signifie panse, et _Zancas, _jambes longues et cagneuses. [79] Cervantès fait sans doute allusion au nom de _chien _que se donnaient réciproquement les chrétiens et les Mores. On disait en Espagne : Perro moro. [80] La _Santa Hermandad, _ou _Sainte Confrérie, _était une juridiction ayant ses tribunaux et sa maréchaussée, spécialement chargée de la poursuite et du châtiment des malfaiteurs. Elle avait pris naissance dès le commencement du treizième siècle, en Navarre, et par des associations volontaires ; elle pénétra depuis en Castille et en Aragon, et fut complètement organisée sous les rois catholiques. [81] Ou Fier-à-Bras. « C'était, dit l'_Histoire de Charlemagne, un géant, roi d'Alexandrie, fils de l'amiral Balan, conquérant de Rome et de Jérusalem, et païen ou Sarrasin. Il était grand ennemi d'Olivier, qui lui faisait des blessures mortelles ; mais il en guérissait aussitôt en buvant d'un baume qu'il portait dans deux petits barils gagnés à la conquête de Jérusalem. Ce baume était, à ce qu'on croit, une partie de celui de Joseph d'Arimathie (qui servit à embaumer le Sauveur). Mais Olivier, ayant réussi à submerger les deux barils au passage d'une profonde rivière, vainquit Fier-à-Bras, qui reçut ensuite le baptême et mourut converti, comme le rapporte Nicolas de Piamonte. » (Historia de Carlo Magno, _cap. VIII et XII.) [82] _Orlando furioso, _canto XVIII, CLXI, etc. [83] Voici le serment du marquis de Mantoue, tel que le rapportent les anciens _romances _composés sur son aventure : « Je jure de ne jamais peigner mes cheveux blancs ni couper ma barbe, de ne point changer d'habits ni renouveler ma chaussure, de ne point entrer en lieux habités ni ôter mes armes, si ce n'est pour une heure, afin de me laver le corps, de ne point manger sur nappe ni m'asseoir à table, jusqu'à ce que j'aie tué Charlot, ou que je sois mort dans le combat… » [84] Dans le poëme de Boyardo, le roi de Tartarie, Agrican, vient faire le siége d'Albraque avec une armée de deux millions de soldats, qui couvrait quatre lieues d'étendue. Dans le poëme de l'Arioste, le roi Marsilio assiége la même forteresse avec les trente-deux rois ses tributaires et tous leurs gens d'armes. [85] Royaumes imaginaires cités dans l'Amadis de Gaule. [86] Il peut être curieux de comparer cette description de l'âge d'or avec celles qu'en ont faites Virgile, dans le premier livre des _Géorgiques, _Ovide, dans le premier livre des _Métamorphoses, _et le Tasse, dans le choeur de bergers qui termine le premier acte de l'Aminta. [87] Presque tous les instituts de chevalerie adoptèrent la même devise. Dans l'ordre de Malte, on demandait au récipiendaire : « Promettez-vous de donner aide et faveur aux veuves, aux mineurs, aux orphelins et à toutes les personnes affligées ou malheureuses ? » Le novice répondait : « Je promets de le faire avec l'aide de Dieu. » [88] _Rabel, _espèce de violon à trois cordes, que l'on connaissait en Espagne dès les premières années du quatorzième siècle, car l'archiprêtre de Hita en fait mention dans ses poésies. [89] Il y a dans l'original « … Plus que sarna (la gale) » pour Sara, femme d'Abraham. Don Quichotte répond ensuite : « _Sarna vit plus que Sara. » Ces jeux de mots ne pouvaient être traduits. [90] Il est dit, au chapitre XCIX du roman d'Esplandian, que l'enchanteresse Morgaïna, soeur du roi Artus, le tenait enchanté, mais qu'il reviendrait sans faute reprendre un jour le trône de la Grande-Bretagne. Sur son sépulcre, au dire de don Diégo de Véra (Epitome de los imperios), _on avait gravé ce vers pour épitaphe :
HIC JACET ARTURUS, REX QUONDAM, REXQUE FUTURUS,
qu'on pourrait traduire ainsi :
CI-GÎT ARTHUR, ROI PASSÉ, ROI FUTUR.
Julian del Castillo a recueilli dans un ouvrage grave _(Historia de los reyes godos) _un conte populaire qui courait à son époque : Philippe II, disait-on, en épousant la reine Marie, héritière du royaume d'Angleterre, avait juré que, si le roi Artus revenait de son temps, il lui rendrait le trône.