Charlot ne répondit rien.
— Aurais-tu voulu y rester tout seul?
— Non, avec toi…
— Mais moi, Charlot, je n'aurais pas voulu y rester maintenant que le père revient. Pense comme il serait triste s'il ne trouvait personne. Nous allons le soigner si bien! Il est encore faible… il faudra être bien sage, bien tranquille, Charlot.
— Où pourra-t-il s'asseoir? demanda le petit garçon.
C'était un problème, en effet. Petite mère regarda tout autour de la chambre d'un air d'anxiété. Elle y avait bien déjà pensé, mais que pouvait-elle faire?…
— Il n'y a que le lit, dit-elle.
— Est-ce qu'il restera toujours couché?
— Non, tu sais bien que madame Perlet a dit qu'il peut maintenant marcher avec une canne. Il sera bientôt tout à fait guéri. N'es-tu pas bien content de le revoir, Charlot?…
Même silence. Charlot ne pouvait pas encore oublier l'impression de terreur qu'il avait reçue la première fois qu'il avait revu son père après l'accident, alors qu'il était étendu sans mouvement et sans connaissance. Pourtant il n'aurait pas voulu dire qu'il ne se réjouissait pas de le revoir, il sentait lui-même que c'eût été mal; il aimait donc mieux ne pas répondre.