Paris 24 novembre 1823.
CHANT OSSIANIQUE
SUR LA MORT
De Napoléon.
FRAGMENT
DE
LA NOTICE HISTORIQUE
MISE A LA SUITE DU POÈME DE MOYSE,
Par NEPOMUCÈNE LEMERCIER.
J’adressai, en l’année 1800, un exemplaire des poëmes sur Homère et Alexandre, au premier consul Bonaparte, dans le château des Tuileries: je reçus une invitation de me rendre à Malmaison pour dîner le lendemain chez lui. Un grand nombre de personnes distinguées par de hautes fonctions s’y trouvèrent. Je ne me souviens pas si ce fut avant ou après le repas, qu’on se dispersa dans les salles environnantes et dans les allées du parc: quelques-uns de nous discutèrent dans le salon sur les différences de l’épopée et des poëmes didactiques. Bonaparte sortait et rentrait par moments: on crut devoir l’informer du sujet de la conversation. Un des convives lui dit qu’un débat s’était élevé à l’égard de la prééminence des poëtes épiques sur les didactiques, auxquels celui-ci attribuait la supériorité. Bonaparte, se tournant vers moi, lui demanda: «Que pense Lemercier?» Le même convive s’empressa de lui répondre que j’étais pour les épiques. «—Il a raison: ce qu’on raconte a toujours plus d’ordre, est plus dramatique; d’ailleurs les fictions en action frappent mieux que les enseignements.... Voyez.... Alexandre a choisi Homère pour son poëte.... Auguste a choisi Virgile, auteur de l’Énéide.... Pour moi, je n’ai eu qu’Ossian.... les autres étaient pris.»
CHANT OSSIANIQUE
SUR LA MORT
De Napoléon.
DÉDIÉ
A MADAME LA COMTESSE BERTRAND.