—Ah! vous voilà! mamzelle, cria une vieille servante. Ah! mon Dieu! que j'ai eu peur! Ah! mamzelle, laissez-moi que je vous embrasse!...
—Qu'est-ce que tu as donc, Marguerite? qu'est-ce donc qui t'est arrivé?
—Rien, madame, mais à vous? Comme j'étais inquiète! vous vous êtes donc perdues?
—Non, Marguerite, dit Clarisse d'un air glorieux; c'est la soirée qui a fini tard.
—C'était donc une noce?
—Je te conterai cela. Dis-moi, y a-t-il encore du lait? j'ai faim.
—Quoi! vous n'avez rien mangé... chez une comtesse?
—Si vraiment, il y avait des friandises excellentes, dit madame Blandais; mais Clarisse a tout refusé. C'était superbe: le beau salon! il y faisait une chaleur!... Ce chapeau m'étouffait.
Madame Blandais commençait à se déshabiller.
Tancrède, par discrétion, sortit alors avec Marguerite qui allait chercher dans la petite cuisine ce qu'il y pouvait rester de provisions. Tancrède profita de ce temps pour observer ce ménage plus que modeste; et tout ce qu'il voyait, ce mélange de simplicité bourgeoise et de distinction naturelle, lui plaisait.