—Quelle idée peut avoir ce jeune homme? pense-t-il.
Cependant l'intrépide Tancrède ne désespère pas encore de réussir; il revient à la charge, et, s'approchant du célèbre écrivain, il dit tout bas d'un ton d'oracle:
—Ce refus est un aveu, monsieur; j'ai votre secret; mais croyez que je saurai le respecter.
M. Balzac paraît de plus en plus troublé.
—Rassurez-vous, monsieur, continua Tancrède, je n'abuserai point d'une découverte due au hasard... Je comprends parfaitement que vous ne puissiez consentir à vous séparer d'une canne si précieuse, surtout en faveur d'un inconnu; je sais combien j'ai été indiscret de vous l'avoir demandée, et je vous prie de recevoir mes excuses.
—Sans doute, monsieur, répond alors M. de Balzac, évidemment fort agité, cette demande m'a paru singulière; mais, si je savais le motif qui vous a fait me l'adresser, je pourrais...
—Je ne puis m'expliquer ici, devant tout le monde, si vous voulez m'accorder un moment...
—Demain, oui, demain, interrompit M. de Balzac, venez chez moi à midi, nous causerons de cela.
Tancrède s'inclina gracieusement et s'éloigna.
—Connais-tu ce jeune homme? dit aussitôt M. de Balzac à son ami.