A celle des Augustins Réformez de saint Germain des Prez[22].
[22] L’école des Beaux-Arts, rue Bonaparte, a pris la place de leur couvent. La bibliothèque n’en devint importante que lorsque le président de la Cour des Monnoies, Gilbert Mauguin, lui eut légué ses 12,000 volumes de théologie et de jurisprudence, en 1674. Elle s’augmenta encore, en 1728, de ceux du copiste Jean Pontal. On y remarquoit 14 volumes in-fol. d’Antiphonaires, tous écrits, notés et enluminés, au XVIIe siècle, par le P. Trochereau, un des moines du couvent.
A celle des Augustins Déchaussez, rue des Victoires[23].
[23] Ce sont les petits Pères, de la rue Notre-Dame des Victoires, dont il ne reste que l’église, une caserne des gardes de Paris, ayant, depuis 1850, pris la place du couvent. On y comptoit, vers le milieu du XVIIIe siècle, environ 30,000 volumes. Auprès de la bibliothèque étoient un cabinet de peinture, et un autre d’histoire naturelle et d’antiquités.
A celle des Célestins, près l’Arsenal[24].
[24] On y comptoit environ 20,000 volumes, non compris les manuscrits, dont les plus précieux venoient de la bibliothèque que le frère de Charles VI, Louis d’Orléans, conservoit dans son hôtel de Pute y musse, voisin du couvent. Un des deux seuls exemplaires de l’édition xylographique du Speculum humanæ salvationis, que l’on connut au XVIIIe siècle, s’y trouvoit aussi.
A celle des Cordeliers, près l’Eglise saint Cosme[25].
[25] Brûlée en 1580, cette bibliothèque redevint peu à peu plus importante qu’elle ne l’avoit été. L’incendie y avoit détruit 9,000 volumes ; en 1680, elle en avoit 12,000, mais l’on n’y trouvoit plus la plupart des beaux manuscrits donnés par Catherine de Médicis, ni ceux des auteurs latins, dont les Alde et les Estienne s’étoient servis pour leurs éditions. Les 163 qui en sont venus à la Bibliothèque Nationale sont la plupart sans grande valeur.
A celle des Jacobins du Grand Couvent, rue saint Jacques[26].
[26] Elle n’étoit pas alors bien riche, les dons du chanoine lyonnois Tricaud, et du duc d’Orléans, fils du Régent, ne l’ayant augmentée qu’au siècle suivant. Les livres du prince, qui, au nombre de 6,800 volumes, formoient plus d’un tiers de la bibliothèque, s’y voyoient dans une salle à part, nommée Bibliotheca Aureliana. Il n’est venu des Jacobins à la Bibliothèque Nationale que 60 mss. environ des XIIIe et XIVe siècles.