A celle des Jacobins Reformez, rue saint Honoré[27].

[27] « Somptueuse en édifices, écrivoit sous Louis XIII le P. Jacob, mais de beaucoup moindre qualité en livres. » Elle s’enrichit plus tard. Un des religieux du couvent lui légua, en 1649, toute la bibliothèque de son père, médecin en Allemagne. Le sorboniste Picque lui laissa, en 1699, les manuscrits arabes de son cabinet, qui devaient passer en 1795 à la Bibliothèque Nationale, et auxquels se joignirent ceux que le P. J. Goar avoit rapportés de Grèce. Sous Louis XV, sans compter les manuscrits, il y avoit chez les Jacobins de la rue Saint-Honoré 26,000 volumes. En 1748, le P. Bérenger avoit dressé le catalogue des livres et manuscrits en 7 vol. in-fol. On l’appeloit quelquefois la Bibliothèque de M. le Dauphin, parce qu’à la naissance de Louis XIV, les Jacobins la lui avoient dédiée. Une partie de la correspondance du cardinal de Noailles, aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale, s’y trouvoit.

A celle des Chanoines Réguliers de sainte Croix de la Bretonnerie[28].

[28] Nous ne savons rien sur cette bibliothèque d’un chapitre d’ailleurs peu important.

A celle du Prieuré de saint Martin des Champs[29].

[29] On n’y trouvoit guère que 5 ou 6,000 volumes, mais beaucoup de manuscrits, dont 112 sont aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale ; et, comme dans tous les prieurés de Bénédictins, un grand nombre de chartes et diplômes. Dom Chameaux, qui en étoit le conservateur, sous Louis XV, en évaluoit le chiffre à 80,000. Ils avoient été rassemblés par Dom Pernot dans la première moitié du XVIIIe siècle.

A celle des Minimes de la place Roïale[30].

[30] Un des religieux du couvent, le P. Joseph Renaud, avoit créé le principal fonds de cette bibliothèque, en lui léguant la sienne. Le savant Jean de Launoy en fit autant. C’est avec ces ressources que les PP. Niceron et Mersenne composèrent leurs ouvrages si pleins de recherches. Au XVIIIe siècle, la bibliothèque des Minimes, au lieu de 8,000 volumes qu’elle possédoit sous Louis XIV, en comptoit 20,000 ; presque tous reliés en veau fauve, avec un soleil d’or sur les plats, portant au centre le mot caritas, et en exergue l’inscription : Conventus parisiensis Minimorum. — L’Herbarium vivum, ms. en 15 vol. in-fol., du P. Prumier, contenant la description de toutes les plantes qu’il avoit étudiées de 1675 à 1704, tant en Italie qu’en Amérique, étoit une des curiosités de la bibliothèque des Minimes. Ce beau recueil lui fut enlevé, par ordre, pour celle du roi, en 1768.

Outre les Biblioteques particulières, il y en a quelques unes à l’usage du public, dans lesquelles on donne entrée à tous venans aux jours et heures ci-après marquées ; sçavoir,

Celle du Collége Mazarini qui est ouverte les Lundis et Samedis du matin et de relevée[31].