[31] « On commence aussi à donner entrée les lundis et jeudis en celle du collége Mazarini. » Edit. 1691, p. 11. — Elle avoit été ouverte pour la première fois, en octobre 1688, dans le pavillon du collége Mazarin, aujourd’hui palais de l’Institut, où elle est encore, sous le nom de Bibliothèque Mazarine. Le premier bibliothécaire fut Ludovic Picques, à la suite d’une élection faite par la Société de Sorbonne, qui seule avoit droit de nommer à cette place. Elle avoit été, comme on sait, formée pour Mazarin, par G. Naudé, qui en parle beaucoup dans son Mascurat. Un siècle après eux, elle avoit presque doublé. On n’y comptoit que 27,000 vol. à la mort du cardinal ; en 1751, lorsque Desmarais en fit le catalogue, il n’y en avoit pas moins de 45,000.

Celle de l’Abbaïe saint Victor où sont les Livres de feu M. Bouchet de Bournonville, qui est ouverte les Lundis, Mercredis et Samedis, le matin depuis sept jusqu’à onze heures, et l’aprés-dinée depuis deux jusqu’à cinq[32].

[32] « Où l’on peut consulter les auteurs d’autant plus utilement qu’elle est des plus complètes, et qu’on y met entre les mains des curieux tous les livres qu’ils demandent. » Edit. 1691, p. 11. — C’est la bibliothèque dont Rabelais a dressé un si burlesque catalogue. Au XVIIe siècle, elle s’étoit assez sérieusement enrichie pour que l’on ne s’en moquât plus. M. de Bournonville, conseiller de grand’Chambre, dont il est parlé ici, lui avoit, en 1690, non-seulement légué tous ses livres, mais aussi une rente pour en acheter d’autres, à condition qu’elle serait publique trois jours par semaine, le matin et l’après-dîner. On voit ici qu’il y fut fait droit. Plus tard vint le don de M. de Tralage, neveu de La Reynie, qui possédoit une collection inappréciable de cartes et plans, dont le plus précieux étoit celui de Paris par Du Cerceau, qui prit, en passant par la bibliothèque de l’abbaye, le nom de plan de Saint-Victor. Ce legs de M. de Tralage, fait en 1698, fut suivi en 1703 de celui du président Cousin, qui donna tous ses livres aux Victorins. Leur bibliothèque dut être alors agrandie de plus du double. Les 3,000 manuscrits suffisoient pour remplir l’ancienne. La Bibliothèque Nationale, depuis 1796, en possède 1265, dont un tiers de mss. latins. Dans le nombre est le très-curieux catalogue de la Bibliothèque Saint-Victor par Claude de Grandrue.

Et celle du Jardin Medicinal de Pincourt, qui est ouverte seulement les Dimanches après Vepres, en faveur des Medecins, des Chirurgiens et des Apoticaires artistes ; qui confèrent en même temps sur les Nouvelles Découvertes qui se font dans les Sciences Naturelles et dans les Arts qui en dépendent.

COLLÈGES
ET LEÇONS PUBLIQUES[1].

[1] « Il y a d’ailleurs dans l’étendue de l’Université divers colléges où la jeunesse est instruite à très-peu de frais, et où il y a même des bourses fondées pour l’entretien d’un certain nombre de pauvres étudiants. » Edit. 1691, p. 11.

Les Collèges où il y a exercices ordinaires des Humanitez, de la Rhétorique et de la Philosophie, sont,

Celuy de Loüis le Grand et celuy du Plessis Sorbonne[2], rue saint Jacques. Celuy des Quatre Nations sur le quay de Nesle[3], celuy de Navarre[4], celuy de la Marche[5], et celuy de Montaigu[6] à la montagne sainte Genevieve ; celuy d’Harcourt[7] et celuy de Lizieux, rue de la Harpe[8] ; ceux de Beauvais[9] et de Presles[10], rue saint Jean de Beauvais, celuy du Cardinal le Moine[11], rue saint Victor, et celuy des Grassins[12], rue des Amandiers[13].

[2] Geoffroi Du Plessis, secrétaire de Philippe-le-Long, l’avoit fondé en 1316. Réuni à la Sorbonne en 1647, il prit le double nom qu’il a ici. Les facultés de Théologie, des Sciences et Lettres l’occupèrent sous l’Empire et la Restauration jusqu’à ce qu’on y eût mis l’Ecole normale.

[3] C’est le collége Mazarini, dont il a été parlé plus haut : « Messieurs de Sorbonne, ajoute l’édit. de 1691, p. 11, qui ne tiennent point chez eux de petites classes, ont la direction de ce collége, où ils font enseigner gratis toutes les humanités, au désir de la fondation du feu cardinal Mazarin. Les RR. PP. Jésuites en font de même au collége de Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques. »