[9] Ce mélange singulier de livres de droit et d’ouvrages sur la cuisine et les confitures, formoit, en effet, le fond de la boutique de Sercy. La Caille, Hist. de l’Imprimerie, p. 296, n’insiste que sur sa vente des livres de droit. Il avoit aussi publié des romans et des poésies licencieuses, ce qui empêcha Nicole de consentir à travailler pour lui. V. sa Vie, par l’abbé Goujet, p. 6.
Le même Sieur Barbin vend les Œuvres de Varillas, celles de saint Euremont, etc.[10].
[10] « Et beaucoup de livres galants. » Edit. de 1691, p. 34. — C’est ce qu’on appeloit des barbinades. Le Saint-Evremond étoit surtout en grande faveur chez Barbin. Il auroit voulu que chaque auteur lui en fît : « le libraire Barbin, dit Voisenon, si célèbre dans le Lutrin de Despréaux, alla un jour chez un auteur qui écrivoit assez bien : Eh Monsieur, lui dit-il, faites-moi du saint Evremond, je vous donnerai trente pistoles. Vous m’en avez déjà donné dont j’ai été content. » Œuvres, t. IV, p. 75. — Dans l’édition de 1691, p. 34, Blégny ajoutoit, à propos de Barbin : « On trouve encore chez lui les jardinages de feu M. de La Quintinye », c’est-à-dire les Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, 2 vol. in-4o ; puis, à la suite : « le sieur Charles de Sercy, au Palais, a un grand assortiment de livres de jardinages. »
Les Sieurs de Luyne, Loizon et Traboüillet ont au Palais un grand assortiment de Comedies[11], d’Historiens et de Poètes[12].
[11] Pierre Trabouillet avoit publié « en compagnie » de Thierry, Deluynes et Barbin, le théâtre de Corneille et ceux de Molière et de Racine. Son adresse est ainsi donnée sur les livres qu’il publioit : « Pierre Trabouillet, dans la galerie des Prisonniers, à la Fortune. »
[12] Voici l’adresse de Deluynes et celle de Loyson nommés ici avec Trabouillet : « Guillaume de Luynes, libraire-juré au Palais, dans la salle des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes. » — « Estienne Loyson, au Palais, à l’entrée de la galerie des Prisonniers, au nom de Jésus. »
On trouve un grand assortiment de Livres étrangers chez les Sieurs Boudot, de la Caille[13] et Hortemels[14], rue saint Jacques.
[13] Dans l’édit. précédente, p. 34 : « Martin » est nommé à la place de La Caille, mais celui-ci a quelques lignes plus bas sa mention spéciale : « le sieur de La Caille, rue Saint-Jacques à la Prudence, a composé et imprimé l’histoire de l’Imprimerie et Librairie. » C’est l’ouvrage que nous avons déjà cité plusieurs fois. Il est devenu rare.
[14] Il étoit venu de Hollande, et après avoir épousé la fille du libraire huguenot Antoine Cellier, il avoit lui-même été reçu de la communauté le 18 septembre 1686.
Même ruë, chez le Sieur Léonard[15], on trouve tous les Reglemens de la Cour des Monnoyes.