[15] Voici son adresse complète : « Frédéric Léonard, rue Saint-Jacques, à l’Escu de Venise. » Il avoit succédé à l’un des derniers Estienne, en 1662, comme imprimeur ordinaire du Roi, et s’étoit fait, à ce titre, éditeur de la collection latine ad usum Delphini. On trouve des vers en son honneur dans les Œuvres de Santeul (1698, 2e partie, p. 122). Il publioit volontiers les livres diplomatiques : « Vous avez, écrit le 12 mars 1691 le bénédictin Michel Germain à Magliabecchi, donné la puce à l’oreille de M. Léonard, libraire de Paris, qui imprime en plusieurs volumes la même chose que vous marquez qu’on fait en Allemagne touchant les traités de paix et autres semblables négociations. » Un livre politique, l’Histoire de Venise, par Amelot de la Houssaye, qu’il s’avisa de publier ainsi, lui coûta cher : le livre fut saisi, et l’auteur mis à la Bastille. (Mss. Delamarre, à la Biblioth. nat., no 21,743, fol. 120.)

Et chez le Sieur Coignard, toutes les pièces concernant l’Academie Françoise[16], l’Histoire de France de Cordemoy, l’Architecture de Vitruve, celle de Scamosy, etc.

[16] J.-B. Coignard, qui avoit succédé à Damien Foucault comme imprimeur ordinaire du roi, et avoit été choisi, en 1687, pour remplacer feu Pierre Le Petit dans la charge d’imprimeur de l’Académie françoise, dont il acheva d’imprimer le Dictionnaire.

Celle de Vignolle nouvellement commentée, se trouve chez le Sieur Langlois[17], et celle de Bullet chez le Sieur Michallet, rue saint Jacques.

[17] Nicolas Langlois, dit Chartres, comme son père François auquel il avoit succédé, et dont on a un si curieux portrait, en joueur de musette, peint par Van-Dyck. En souvenir de ses nombreux voyages à l’étranger, notamment en Angleterre, François Langlois avoit pris l’enseigne des Colonnes d’Hercule, avec la devise : nec plus ultra, que garda son fils, et que conserva aussi Mariette, qui leur succéda dans cette boutique. Comme lui, les Langlois avoient vendu surtout des estampes et des livres d’architecture. On a, de Mariette même, la gravure d’un portrait de François Langlois, peint par Vignon. Le privilége de son fils, pour la vente des estampes, datoit de 1675. (V. collect. Delamarre, no 21,731, p. 53.)

Le même Michallet aussi bien que les Sieurs Muguet, ruë de la Harpe, Léonard, Desprez, Langlois et Coignard, rue saint Jacques, vendent les Edits et Déclarations du Roy[18].

[18] Dans l’édit. précédente (p. 34), Thierry est nommé à la place de Desprez, et les autres sont désignés avec leur prénom : François Muguet, Frédéric Léonard, Estienne Michallet et Jean-Baptiste Coignard. A la suite : « le dit sieur Muguet imprime aussi, d’ailleurs, tout ce qui concerne l’archevêché. »

Ledit Sieur Michallet[19] a d’ailleurs imprimé presque tous les Livres de Mathematiques, de Messieurs de l’Academie des Sciences.

[19] « Estienne Michallet, premier imprimeur du Roy, rue Saint-Jacques, à l’Image Saint-Paul. » Ainsi est donnée son adresse en tête du livre le plus célèbre qu’il ait publié, les Caractères de La Bruyère, dont en onze ans, de 1688 à 1699, il donna dix éditions. Le produit, d’après l’intention formelle de l’auteur, qui n’y prétendit rien, fut, comme on sait, pour la dot de la fille de Michallet, qu’un fermier général épousa. (V. notre Comédie de Jean de La Bruyère, t. II, passim.)

On trouve aussi plusieurs Livres de Mathématiques chez le Sieur Jombert[20], sur le quay des Augustins.