Le logis de Renaudot, où Eusèbe resta jusqu’à ce que le roi lui eut donné un logement au Louvre, n’eut plus que ce nom : le Bureau.
Il n’y falloit plus aller, comme auparavant, chercher « les adresses » et les renseignements, qu’il sembloit toujours annoncer, mais à la place on y trouvoit des nouvelles. Loret, lorsqu’il en manque pour avoir de quoi mettre en rimes dans sa Muse historique, ne va pas autre part, et il recommande de faire comme lui, pour peu qu’on veuille, sur un fait quelconque, en savoir plus qu’il n’en a pu dire.
« Mais », dit-il, par exemple[35], à propos des merveilles d’une fête donnée à Naples,
Mais si quelques gens curieux
Désirent de s’instruire mieux…
Il faut aller chez Renaudot,
C’est-à-dire au Bureau d’adresse.
[35] La Muse historique. Édit. Elzévir., t. III, p. 268 (16 octobre 1660).
Cette source, la seule où voulut puiser son journalisme naïf, étoit pour lui celle de toutes vérités.
« Messieurs du Bureau d’adresse », comme il appelle Eusèbe Renaudot et ses aides[36], se tenoient-ils muets sur une affaire, elle étoit pour lui non avenue. Si le bruit, par exemple, s’est répandu que le maréchal Fabert est mort à Sedan, le 17 mai 1662, il n’y veut pas croire, la Gazette n’en ayant pas parlé. Le fait, vrai pour tout le monde, ne le sera pour lui que lorsqu’elle l’aura certifié :