[32] « Les gazettes se trouvent au Palais et sur le quay des Augustins. » Edit. 1691, p. 35. On les y vendoit au numéro, comme aujourd’hui les journaux dans les kiosques : « M. de Torcy m’a appris, écrit Racine à son fils aîné, le 6 février 1698, que vous étiez dans la Gazette de Hollande : si je l’avois su, je l’aurois fait acheter pour la lire à vos petites sœurs, qui vous croiroient devenu un homme d’importance. » Une lettre inédite de Dom Calmet, du 4 septembre 1714, nous donne de curieux détails sur la vente, et aussi sur le louage des différents journaux françois et étrangers à Paris : « Je me suis informé, dit-il, de la commission des journaux des Savants et des Gazettes pour M. Olivier. Le journal des Savants se vend 6 sols, et les deux gazettes de Hollande, avec les suppléments, 30 sols. Le tout coûtera 40 sols rendu à la poste tous les samedis. Si vous souhaitez avoir une des deux gazettes à la poste le mercredi, il vous en coûtera un sol davantage, parce que ces gens se privent par là du petit gain qu’ils tirent de la lecture qu’ils laissent faire dans leur boutique de cette gazette pendant deux jours. » En 1655, selon Loret, t. II, p. 127, la Gazette de France se vendoit 4 sols et demi.
Les Almanachs ordinaires imprimez à Troyes, se vendent à Parisien gros et en détail chez le Sieur Raflé, ruë du Petit-Pont, et chez la veuve Oudot[33], ruë de la vieille Bouclerie.
[33] C’est elle qui imprima et vendit tant de petits livrets populaires : légendes, romans, contes, chansons. Elle avoit une autre librairie à Troyes, rue du Temple, d’où s’écouloit surtout cette littérature d’almanachs et de bibliothèque bleue. Son fils Jean Oudot lui succéda sous la Régence.
Les Livres de Bibliotèque et genéralement les vieux Livres et Manuscrits rares, se peuvent recouvrer chez les Sieurs Villery[34] et Moette[35], rue de la vieille Bouclerie, Seneuze, ruë de la Harpe, Clouzier et Emery, David et plusieurs autres, sur le quay des Augustins et place de Sorbonne[36].
[34] Il donnoit ainsi son adresse : « Jacques Villery, rue de la Vieille-Bouclerie, à l’Estoille. »
[35] Thomas Moette, libraire depuis 1659 : « Il se fait distinguer, dit La Caille qui avoue l’avoir souvent consulté, par la grande connaissance qu’il a dans les livres. »
[36] « Et quai de la Tournelle. » Edit. 1691, p. 34.
Les Sieurs le Vasseur[37], Barnache[38] et Nion[39], fameux Relieurs et Doreurs, qui sont employez à la Bibliotèque du Roy, demeurent prés saint Hilaire[40].
[37] Eloy Le Vasseur, qui fut, suivant La Caille, le plus célèbre relieur de ce temps-là.
[38] Ou Bernache, qui, malgré l’édit de 1686, continuoit à cumuler le métier de relieur et celui de libraire.