[43] Colin étoit un diminutif de Nicolas, son vrai prénom. Il étoit basson à la Chapelle-Musique. Lui, et son fils Jean, qui le suit ici, et un autre, dont nous ne savons pas le prénom, excelloient surtout comme facteurs : « le père, lisons-nous dans un Traité de la Musette, etc. (Lyon, 1682, pet. in-fol., p. 38), est un homme unique pour la construction de toutes sortes d’instruments de bois, d’ivoire, d’ébeine, comme sont les musettes, flageolets, hautbois ; et mesme pour faire des accords parfaits de tous ces instruments. Ses fils ne luy cèdent en rien pour la pratique de cet art. »

[44] Philibert Rebillé. Très-renommé comme flûtiste et acteur de société. Palaprat dit de lui dans une note de son théâtre (t. I, p. 183) : « fameux joueur de flûte allemande, qui a mérité d’être chanté sur la lyre de M. De La Mothe, Ode de la Flûte. » La flûte allemande étoit ce qu’on appelle aujourd’hui « flûte traversière. » L’autre étoit la clarinette. Philibert eut de très-grands succès à la Cour, comme on le voit par les Poésies de Lainez, son ami, et de très-vifs aussi, trop vifs même dans la bourgeoisie. Une certaine Mme Brunet, qui s’étoit affolée de lui, empoisonna son mari, et l’épousa en secondes noces. Les révélations de La Voisin, qui lui avoit fourni le poison, la firent prendre, condamner et exécuter. Philibert, dont le roi ne mit pas en doute l’innocence, fut sauvé. Il y a, dans les Caractères, une allusion à cette affaire. Philibert y est nommé Dracon. (Comédie de Jean de La Bruyère, t. I, p. 212-214.)

[45] Il étoit joueur de flûte, comme Philibert, dont il fut l’ami dévoué. Il avoit beaucoup connu Molière, et en parloit très-curieusement. Sa passion pour les fleurs fut célèbre. C’est pour la mieux satisfaire qu’il s’étoit logé au faubourg Saint-Antoine, où, comme nous le verrons, se trouvoient les grands « floristes. » C’est lui, suivant Math. Marais, qui aurait posé pour le curieux de fleurs des Caractères.

[46] André-Danican Philidor, et non Filidot. Il jouoit de la basse à la Chapelle-Musique et dans la chambre du Roi. Veuf de Marguerite Monginot, il eut, de son second mariage avec Elisabeth Le Roy, un fils qui devint célèbre comme compositeur, mais surtout comme joueur d’échecs.

[47] Nous le retrouverons, avec les quatre autres qui suivent, parmi les fabricants d’instruments.

[48] « Le sieur Rozet est renommé pour les instruments de musique de la garde-robe du Roy. Il demeure rue Neuve-Saint-Eustache. » Edit. 1691, p. 49.

Plusieurs d’entre les Maîtres de tous les Instrumens ci-dessus, travaillent par excellence à la composition de la Musique, outre lesquels entre les habiles Compositeurs de Paris, on compte d’ailleurs Messieurs Oudot à la place Royale ; Mignon[49], cloître Notre Dame[50] ; l’Alloüette, prés saint Germain de l’Auxerrois[51] ; Charpentier, rue Dauphine[52] ; Bertet, Isle Notre Dame ; Chaperon, cour du Palais ; Martin, rue des saints Pères ; Terrier, prés les Innocens, etc.[53].

[49] Il étoit maître de la musique de Notre-Dame, et, comme on le voit ici, logeoit auprès. Il étoit aussi, à son temps perdu, grand amateur de bouts rimés. C’est lui qui, en 1682, avoit proposé un prix à quiconque rempliroit le mieux à la louange du roi les rimes de pan, guenuche, etc., qui pendant une saison entière occupèrent toutes les sociétés. (Menagiana, t. I, p. 35.)

[50] « Colasse, rue Sainte-Anne, Lorenzani… » Edit. 1691, p. 62. — Ce dernier est nommé dans les Caractères, au § 29 du chapitre de la Mode : « on sait que Lorenzani fait de beaux motets. » Il en publia quelques-uns, en 1693, chez Ballard. Lulli s’étoit opposé de tous ses efforts à sa célébrité. Sénecé, qui l’appelle Lorenzain, parle ainsi de cette jalousie du Florentin dans le libelle qu’il fit contre lui, Lettre de Clément Marot, etc. : « Je t’atteste encore, célèbre Lorenzain, à qui un mérite connu de toute l’Europe n’a servi qu’à blesser les yeux du jaloux Lulli… »

[51] Jean-François Lalouette, qui passe pour avoir travaillé aux opéras de Lulli, son maître, mais qui fut surtout célèbre pour ses motets. Il étoit maître de musique de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, près de laquelle nous le voyons logé ici.