Il y a une fabrique pour l’Orgue et pour le Manicordium[58], rue saint Julien des Ménetriers[59].

[58] Sorte de petite épinette à sons amortis par du drap étendu sur les cordes. On l’appeloit aussi épinette sourde.

[59] « Les musettes et les autres instruments à vent, se vendent chez les sieurs Dupuis, carrefour de l’Ecole, Le Breton et Froment, rue de l’Arbre-Sec, Héron, près le cadran Saint-Honoré, et Du Buc, rue de Richelieu. » Edit. 1691, p. 49. — La musette étoit alors à la mode. Nous avons vu, dans une note précédente, comment Van-Dyck peignit le libraire Langlois jouant de cet instrument. La vielle le remplaça. Sous Louis XV, tout le monde en jouoit. V. aux Mss. de la Biblioth. Nat. les Stromates de Jamet, t. II, p. 2050.

FAMEUX CURIEUX
DES OUVRAGES MAGNIFIQUES[1].

[1] Le Roux de Lincy a publié cette liste, avec quelques notes insuffisantes, dans la Gazette des Beaux-Arts du 15 février 1859, p. 224. — Nous n’avons pas besoin de dire ce qu’on entendoit alors par « curieux », les Caractères de La Bruyère nous l’ont assez appris. Nous ajouterons toutefois que, sous Louis XIII, le mot avec ce sens n’étoit pas encore employé. On disoit des « grippés. » Dans une curieuse pièce Ms. du Supplément françois, à la Biblioth. Nat., no 12, 491, p. 268, intitulée les Francs grippez, nous trouvons : le grippé des fleurs, le grippé des médailles, etc. Il y eut aussi alors un ballet, les Grippez à la mode. (V. le catal. Soleinne, t. III, p. 85.)

Monsieur le Duc d’Aumont, rue de Jouy[2].

[2] C’est le père de celui qui, à la fin du règne, fut ambassadeur en Angleterre. Il avoit eu d’abord son cabinet de tableaux — c’est ce qu’il collectionnoit — rue Vivien, ou Vivienne. La liste des curieux, publiée par Spon dans Les Recherches des antiquités et curiosités de la ville de Lyon, 1673, in-8, p. 212-218, que nous aurons souvent à citer, d’après la reproduction qu’en a faite la Revue universelle des Arts, t. XV, p. 259, lui donne cette adresse, il s’installa ensuite dans l’hôtel de sa famille rue de Jouy, dont nous avons déjà parlé. Il y joignit à son goût pour les tableaux, celui de l’Antiquité. « Monsieur le duc d’Aumont, écrivoit, en 1686, Bourdelot d’Airval au t. II de son livre de l’Utilité des Voyages, a bien fait voir qu’il se connoissoit en tout dans les conférences qu’il a tenues chez lui, touchant l’histoire ancienne : il a découvert depuis peu deux portraits en agathe de quelques-uns des tyrans du temps de Gallien. »

M. le Duc de Saint Simon, rue de Taranne[3].

[3] Claude de Saint-Simon, père de l’auteur des Mémoires. Il ne mourut que l’année suivante. Il avoit des tableaux. Son fils (Mém., édit. in-18, t. I, p. 34) parle entre autres de celui de Pomone et Vertumne, un des plus beaux de Carrache, que lui avoit donné le duc de Montmorency avant de monter à l’échafaud.

M. le Duc de Richelieu, place Royale[4].