[22] Ce n’est pas moins que Pierre Richelet, auteur du fameux Dictionnaire. Ne pouvant vivre de ses livres ni de ses causes, car il étoit avocat au Parlement, il s’étoit mis à donner des leçons de langue françoise, sans y gagner autant que Pécourt et Létang avec leurs leçons de danse, ce qui le rendoit amer comme nous l’avons vu dans une note précédente. Bien des gens de son mérite en étoient réduits à ce métier. De Lisle, le géographe, couroit comme lui le cachet : « Il alloit enseigner en ville, lit-on dans le Longueruana, et ces misérables qui envoient leur carrosse à un comédien, faisoient venir à pied un septuagénaire, qui en son genre étoit le premier homme de France. »
M. Frosne, Architecte, près la fontaine S. Ovide, enseigne aux personnes distinguées, les Fortifications, l’Architecture civile et plusieurs autres parties des Mathematiques ; on peut le consulter utilement sur les Batimens et sur le Calcul des Toisez.
Messieurs le Pautre[23], rue du Foin, et d’Honneur à l’entrée de la rue de la Coutellerie, enseignent la plus excellente pratique du dessein.
[23] Pierre Le Pautre, fils aîné de Jean, qui avoit brillé, comme dessinateur et graveur, dans les premiers temps du règne. Il fut lui-même, dans le même genre, d’un talent fort distingué. V., à son nom, l’Abecedario de Mariette.
Les maîtres fameux pour le Jeu de la Paume sont, Messieurs Bidault, rue saint Germain l’Auxerrois : Sainctot, rue des mauvais Garçons : Mion, rue de Bussy : Jourdain[24], Cerceau, le Page et Clergé, dont l’Auteur ignore les adresses[25].
[24] Ils étoient deux de ce nom, comme on le verra dans la note suivante.
[25] Si Blegny ne sait pas leur adresse, c’est qu’ils n’en avoient pas de fixe. Ils jouoient « à la représentation », comme on diroit aujourd’hui, dans n’importe quel jeu de paume, à leur choix, et cela deux fois la semaine. Le roi leur avoit accordé ce privilége, après les avoir vus jouer à Fontainebleau, le 26 octobre 1687. Dangeau, à qui nous devons ce renseignement, nous donne leurs noms, qui diffèrent, pour un ou deux, de ceux qui sont ici : « Ils feront, dit-il, afficher comme les comédiens. Ils sont cinq : les deux Jourdain, Le Pape, Clergé et Servo. » Pour celui-ci, croyons-nous, c’est Sercot qu’il faut lire : d’abord parce que ce nom se rapproche davantage de celui de Cerceau donné ici ; ensuite parce qu’on le trouve comme étant celui d’un fameux paumier du temps de la Fronde dans la Mazarinade, Le Ministre d’Etat flambé.
M. Revaire, Fourbisseur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[26].
[26] « Revoir, fourbisseur, dit Germain Brice, t. I, p. 72, travaille aux gardes d’épées et en d’autres choses de cette sorte d’une manière qui le distingue fort des autres maîtres de sa profession. »
M. Cadeau, aussi fameux Fourbisseur, demeure sur le Pont au Change.