M. Berrin, Dessinateur ordinaire du Cabinet du Roy[5], qui donne les Desseins de toutes les décorations, habits et machines des Opera, etc., demeure aux galleries du Louvre[6].

[5] Jean Bérain, qui eut de son temps une si grande réputation, que l’on ressuscite un peu dans le nôtre. C’est pour ses décorations de théâtre que Mariette (Abecedario, t. I, p. 119) fait surtout son éloge : « Jamais il n’y eut, dit-il, de décorations de théâtre mieux entendues, ni d’habits plus riches et d’un meilleur goût que ceux dont il a donné les dessins pendant qu’il étoit employé pour l’Opéra, c’est-à-dire pendant presque toute sa vie. » La maquette de sa décoration du 5e acte d’Armide, en 1686, figure en ce moment à l’exposition théâtrale de l’Exposition universelle. On a de lui un recueil in-fol. de 99 planches d’ameublement : Ornements inventez par J. Bérain.

[6] Il y mourut le 26 janvier 1711 : « Il a un cabinet fort curieux, dit Brice, où l’on trouve avec des tableaux rares une quantité très-grande de dessins, entre lesquels les siens ne sont pas la moins belle partie. »

Les Comediens François qui ont leur Hotel rue des fossez saint Germain des prez[7], représentent tous les jours alternativement des Tragedies et des Comedies.

[7] Aujourd’hui rue de l’Ancienne-Comédie, nom qui lui est venu de ce théâtre même, qui, du reste, existe encore en partie au fond de la cour de la maison qui fait face au café Procope. On y emmagasine des papiers peints. Ce fut l’atelier de Gros.

Les Comediens italiens, représentent les Dimanches et les jours que le Theatre de l’Academie Royale de musique est fermé, sur leur Theâtre de l’Hotel de Bourgogne, rue Mauconseil[8].

[8] A l’endroit où, comme on sait, fut plus tard la Halle aux cuirs.

Messieurs Baraillon pere, fameux Tailleur pour les habits de Theatre[9], et M. son fils pour les masques et autres choses necessaires pour les Ballets et Comedies, demeurent ruë saint Nicaise[10].

[9] Jean Baraillon, qui avoit commencé par être tailleur de la troupe de Molière. Une sœur utérine de la comédienne Mlle de Brie étoit sa femme depuis 1673. Le fils, dont il est parlé ici après lui, étoit né de ce mariage. C’est lui qui, avec le chevalier d’Arvieux, avoit organisé la mascarade turque du Bourgeois gentilhomme, en 1670. D’après un compte retrouvé par M. Campardon, il n’y avoit pas fourni moins de cent trente-huit habits.

[10] L’administration et ce qu’on appeloit « le magasin de l’Opéra », s’y trouvoit déjà. Ils y restèrent jusqu’à la fin du règne de Louis XV.