[22] Il est derrière le chevet même de l’église, et il prit alors pour le garder jusqu’à présent le nom de ces Provençaux qui y faisoient leur commerce.
Les Mercredis et Samedis on tient sur le quay de la Megisserie, une espèce de marché franc pour les fleurs, arbres et arbrisseaux[23] ; où l’on trouve d’ailleurs des graines de choux-fleurs, et des cardons d’Espagne.
[23] Ce marché aux fleurs s’étoit d’abord tenu à l’Ile-Saint-Louis, « le long du quai Bourbon », dit Sauval, qui en vit la fin. On l’appeloit « la foire aux oignons », à cause des fleurs à oignons dont on y faisoit surtout le commerce. « Tous les ans, dit Sauval, t. II, p. 662, on voit ce quartier, tout couvert qu’il soit de maisons, se métamorphoser en un instant, et devenir un jardin fleuri, bien varié, et qui sent si bon que l’air en est tout embaumé. »
Les Jardiniers d’Orléans qui apportent tous les ans à Paris vers la fin de Septembre, une fort grande quantité d’arbres fruitiers à hautes et basses tiges, logent pour la plûpart grande rue du Fauxbourg saint Antoine, au Nom de Jésus et aux deux Clefs[24].
[24] Il y avoit déjà plus d’un siècle qu’on avoit fait à Orléans de grands progrès dans la culture des jeunes arbres fruitiers, forestiers et d’agrément. A la fin du dernier siècle, on n’y évaluoit pas à moins de 200,000 le nombre des pieds d’arbres qui s’y vendoient sur place, ou qui s’y exportoient à Paris ou ailleurs, chaque année. Les forestiers étoient surtout fournis par les faubourgs Saint-Marc et Saint-Vincent, et les arbres à fruit ou d’agrément par le faubourg Saint-Marceau, où cette culture s’est maintenue et même étendue.
On peut d’ailleurs en tous temps trouver un grand assortiment d’arbres fruitiers chez les Sieurs Le Faucheur à Bagnolet, et Robineau au Menil-Montant.
Le Sieur de la Forest, concierge de la Samaritaine[25], fait des Pompes et autres machines pour l’elevation des eaux.
[25] La Samaritaine, sur le Pont-Neuf, étant considérée comme Château Royal, avoit un concierge, comme nous le voyons ici, et un gouverneur.
Ruë saint Pierre, du coté de la rue Montmartre, on fabrique une sorte de pompe industrieuse qui n’est pas d’une grande depense, et au moyen de laquelle un seul homme peut elever sans peine et sans effort huit ou dix muids d’eau par heure, l’Inventeur offre d’en faire la demonstration aux curieux, aussi bien que des Orloges et Cadrans pour les vens, au soleil et à la lune, qu’il fabrique d’ailleurs pour la commodité du public.
Pour les livres de Jardinages, voyez l’article du commerce de Librairie.