Les Legumes se vendent en gros les matins jusqu’à huit heures dans la rue de la Lingerie, et en détail dans tous les marchez[15].

[15] « Les marchandises de bouche se trouvent en gros et de première main, de grand matin, aux Halles, où chaque genre de denrées a son département. — Passé huit heures dans les marchez et aux Halles mesmes, on n’a presque plus rien que de la seconde main. — Les herbages se vendent rue de la Lingerie et au coin Saint-Paul, où quelques jardiniers du faubourg Saint-Antoine s’arrêtent le matin, ainsi qu’au cimetière Saint-Jean, pour ne pas aller jusqu’aux Halles. » Edit. 1691, p. 27.

A la decente du Pont Marie qui va au port saint Paul, il arrive bien souvent des Fromages de Brie qu’on vend en gros[16].

[16] Il n’y a pas, surtout dans cette seconde édition, assez de détails sur les petits marchés de Paris. Liger, dans le Voyageur fidèle, p. 343-354, est plus complet. Il mentionne la place ou petit marché au marais du Temple — aujourd’hui marché des Enfants-Rouges, — « où l’on vend, dit-il, du beurre, des œufs, etc. » ; le petit marché Saint-Jacques, près de la porte du même nom, où se fait le même débit, mais le mercredi et le samedi seulement ; le petit marché de la Croix-Rouge, pour le lait, le fromage, le beurre, les légumes, et enfin — ce qui nous fournit une étymologie parisienne longtemps cherchée, — « la place appelée la Pierre au Lait, proche, dit-il, de l’église de Saint-Jacques-la-Boucherie. C’est un petit marché fort étroit, ajoute-t-il, où il va beaucoup de laitières. On y trouve aussi des œufs frais, du beurre et autres denrées de cette sorte. »

Pour les Fromages de Rocfort, voyez l’article suivant.

Les Fromages de Lorraine arrivent au Chariot d’or devant l’Abbaye saint Antoine, et en quelques autres hotelleries du même quartier.

OFFICES DE FRUITERIES.

Il y a un grand nombre de Confiseurs rue des Lombards[1], et quelques uns ruë saint André, et rue saint Honoré près le Palais Royal, qui vendent en gros et en détail toutes sortes de confitures seches et liquides de Dragées, de Massepains, de Biscuits amers[2], etc.

[1] Il en reste encore quelques-uns. La maison la plus célèbre par exemple, celle du fidèle Berger, y exista jusque dans ces derniers temps. Elle est déjà mentionnée par Roze de Chantoiseau dans son Almanach général d’indication pour 1773 : « Ravoisé, y est-il dit, rue des Lombards, au Fidèle Berger, confiseur très-renommé, etc. »

[2] C’est-à-dire aux amandes amères, comme on le verra plus bas.