On peut par le Messager de Dijon recouvrer deux sortes de Confitures exquises et inimitables ; à sçavoir, des Prunes de Moyeux[3] et de l’Epine vinette[4].
[3] C’étoit une sorte de prune confite. Il en venoit encore beaucoup de Dijon, lorsqu’en 1741, Savary fit son Dictionnaire du Commerce. Le petit marquis, Louis-Provence de Grignan, se faisoit un grand régal de cette confiture ; aussi Mme de Sévigné écrit-elle à Mme de Grignan : « Songez à vos moyeux pour Provence. » Lettre du 22 sept. 1675.
[4] Il venoit de Dijon de l’épine-vinette en grappes confites et en pastilles : « J’ai cru me ressouvenir, écrit Voltaire à D’Argental, le 4 août 1777, qu’on faisoit autrefois des pastilles d’épine-vinette à Dijon, et j’en ai fait tenir une petite boîte à votre voisin (Thibouville). »
Il y a un Patissier, rue Bailleul près la Croix du Tiroir, et un autre rue saint Nicolas au Fauxbourg saint Antoine, qui vendent en gros et à juste prix aux Officiers, Aubergistes et Limonadiers, des biscuits, des macarons, des craquelins[5], etc.
[5] Le craquelin étoit un gâteau rond à rebord, fait seulement à la farine et au sel, et croquant sous la dent. Il se faisoit surtout, comme on le voit ici, chez les pâtissiers des faubourgs, où de pauvres femmes s’en fournissoient pour les venir revendre en ville.
On trouve des Biscuits, des Macarons, des Massepains, des Cornets, etc., chez tous les Patissiers de Paris, entre lesquels le Sieur de l’Etoile rue saint Antoine près les Filles sainte Marie, fait de très bons Biscuits d’amendes ameres.
Le Sieur Billard, rue Montorgueil, est renommé pour les Biscuits façon de Blois[6].
[6] Savary, dans son Dictionn. du Commerce, 1741, in-fol., t. I, col. 965, dit encore : « le commerce des biscuits de Blois est très-considérable ; il s’en fait une assez grande consommation à Paris. »
Les fruits en gros se vendent le matin à la Halle aux bleds depuis trois ou quatre heures jusqu’à huit.
Sur la Greve de l’Arsenal, vis à vis l’Isle Louvier, il arrive tout l’Eté et tous les jours aux mêmes heures, des batteaux de Fruits nouveaux venant de saint Seine et Route[7], qui sont vendus en gros par paniers aux Fruitieres qui font le détail.