[7] C’est-à-dire de tous les pays riverains du fleuve, depuis Saint-Seine où en est la source.
Il arrive aussi frequemment des batteaux de pommes et poires venant de Normandie sur le quay de l’Ecole.
Les Vins Muscats et de Canaries se vendent en detail aux environs de la Croix du Tiroir[8].
[8] Il y avoit là, depuis le règne de Louis XIII, des sortes de cabarets en sous-sol, où l’on ne buvoit pas d’autres vins. « Un jour, dit Tallemant, que notre Orphée — c’est le musicien Lambert — s’estoit laissé entraîner dans une de ces caves de vin muscat à la Croix du Trahoir, il en sortit la tête en compotes, etc. » (Historiettes, édit. P. Paris, t. VI, p. 199.) — Elles se trouvoient, rue Saint-Honoré, un peu plus haut que la rue de l’Arbre-Sec, au coin de laquelle se voyoit, comme on sait, la Croix du Trahoir.
Les Provençaux qui logent au cul de sac saint Germain l’Auxerrois, vendent en gros des Fromages de Rocfort, des Olives, des Anchois, du Vin de saint Laurent, des Figues, des Raisins, des Brugnons, des Amandes et autres fruits secs de Provence.
Autant en font les Epiciers de la rue de la Cossonnerie, qui vendent d’ailleurs des Capres fines, des Oranges et des Citrons de Provence, de la Chine[9] et de Portugal.
[9] Ces petites oranges, que nous appelons aujourd’hui des mandarines, étoient alors fort recherchées. Il n’y avoit qu’un demi-siècle que la culture en avoit commencé en Portugal, d’où elles nous venoient. C’est à cause de leur prix que, dans l’Avare, voulant mettre hors de lui son père Harpagon, Cléante lui propose pour sa collation des plateaux entiers d’oranges de la Chine. Tout ce genre de fruits étoit, du reste, à la mode, parce qu’il n’étoit pas à la portée de tout le monde : « les oranges et les citrons, dit la lettre italienne déjà citée, tiennent le premier rang entre les choses qui se vendent cher, parce qu’elles viennent d’Italie et de Portugal, et ils sont plus estimez que les autres fruits : telle est l’inclination de l’homme, qui ne trouve bon que ce qui coûte beaucoup. »
Messieurs Lion, rue de Truanderie[10], et Jourdan, ruë S. Denis, au cheval blanc[11], tiennent aussi magasin de fruits de Provence[12].
[10] Son adresse, dans l’édit. précéd., est « rue Jean de l’Epine, à l’enseigne de la ville de Tours. » Cette rue étoit près de celle de la Truanderie.
[11] V. son art. plus bas, au chap. Epiceries.