Afin d’avoir votre pratique,

Se qualifie effrontément

De patissier de la fabrique.

Que son pain soit grand ou petit,

Il est selon votre appétit.

S’il vous donne une paraguante,

Et s’il fait bien boire Regnault,

Votre fabrique est fort contente :

L’offrande est faite comme il faut.

[2] « Le sieur Mignot, rue de la Harpe, n’a pas seulement beaucoup de réputation pour la patisserie, mais encore pour toutes espèces de ragoûts, étant patissier traiteur. » Edit. de 1691, p. 28. — Voilà qui le venge de Boileau. C’est, en effet, le Mignot de la Satire du Repas, où il est donné, il vous en souvient, pour « l’empoisonneur » qui sait le mieux son métier. De notre temps, il eût fait au satirique un procès en diffamation. Il s’y prit, pour sa revanche, comme on s’y prenoit du sien. Il rendit satire pour satire. Cotin venoit d’en faire une contre Boileau, dont il vouloit aussi se venger. Ils s’entendirent ensemble, et, pendant plusieurs semaines, il ne sortit pas un gâteau de chez Mignot qui ne fût enveloppé du papier satirique de Cotin. Sa boutique, du reste, ne prospéra que mieux du mal qu’on en avoit dit : « Ce matin, dit Brossette, à la date du 22 oct. 1702, dans ses Mémoires sur Boileau, en passant dans la rue de la Harpe, l’on m’a montré la maison où Mignot, patissier et traiteur, tenoit autrefois sa boutique. C’est vis à vis la rue Percée. Un nommé Couterot tient la même boutique de patissier. Mignot a quitté sa profession en 1700, et il vit de son bien. » Il avoit eu surtout une grande réputation pour les biscuits (Vigneul-Marville, Mélanges, t. III, p. 291).