[8] Id. Des bienfaits, liv. III.

[9] Liv. 50, tit. 14, loi 1re.

Malheureusement d’autres trafics s’y mêlèrent peu à peu pour primer honteusement les premiers. Le proxénétisme devint ce que nous l’indiquions tout-à-l’heure. Les proxénètes finirent par n’être plus que des entremetteurs, des courtiers de débauches.

D’autres agents, les prosagogues qui s’étoient faits, comme les exégètes, mais avec moins de savoir, les interprètes et les conducteurs des étrangers, tombèrent aussi, par l’abus de leur métier, dans une infamie qui n’étoit pas moins dégradante. Ils se firent espions et délateurs. S’ils renseignoient d’un côté ceux qui en toute confiance les prenoient pour guides, de l’autre ils donnoient sur eux et contre eux des renseignements à la police. Plutarque s’en est plaint dans la Vie de Dion.

A l’époque même, où ils n’en étoient pas encore là, et s’en tenoient aux choses permises de leur profession d’interprètes et de « donneurs d’indications », ils n’avoient pas semblé au grand philosophe de la vie pratique, Aristote, d’une utilité suffisamment étendue et sérieuse.

Pour qu’il fût possible à chacun de s’éclairer sur ce qui importoit à son travail ou à ses affaires, il eût voulu plus et mieux que ces proxénètes et ces prosagogues : « Il est nécessaire, dit-il, dans sa Politique[10], qu’il existe quelque chose, où le peuple se puisse renseigner, et perde ainsi tout prétexte d’être oisif. »

[10] Liv. IV, ch. 15.

Un peu plus haut, dans le même traité[11], il avoit dit : « On convient que, dans une république bien constituée, ce qui est nécessaire à chacun doive être en évidence. Mais comment y parvenir ? Ce n’est pas facile. »

[11] Id. Liv. III, ch. 7.

Il fallut, en effet, bien des siècles encore, pour trouver la solution du problème.