M. Taupinard Bailly de la Temporalité[19] et qui tient son Audiance le Lundy et le Jeudy à midy, demeure rue Galande.
[19] C’est ce qu’on appeloit aussi Bailliage de la duché-pairie de l’Archevêché de Paris. On y connoissoit des appellations de sentences rendues en matière civile par les officiers de justice sur les domaines de l’archevêché. Un bailli, un procureur fiscal et un greffier étoient attachés à cette juridiction.
M. Le Comte son Greffier, demeure rue des Noyers.
EXERCICES DE PIÉTÉ.
Le Roi à qui Dieu a concédé le pouvoir de guérir par un simple attouchement les malades atteints des Ecrouelles, a la bonté de toucher tous ceux qui ont été visitez par M. le premier Chirurgien de Sa Majesté, la veille de Paques, de la Pentecoste, de la Toussaints, et de Noël, après avoir fait ses dévotions[1], et de leur faire ensuite distribuer à chacun quinze sols par forme d’aumone, à cause dequoi Monseigneur le Grand Aumonier de France est toujours présent à la Céremonie.
[1] Pour plus de détails, on peut lire l’Etat de France de 1692, t. I, p. 238. Le nombre des scrofuleux que le roi touchoit était quelquefois très-considérable. Nous lisons, par exemple dans le Journal de Dangeau, sous la date du 21 avril 1685, c’est-à-dire à l’époque de Pâques, une de celles où, comme on le voit ici, cette cérémonie revenoit tous les ans : « Le roi fit son bonjour (ses pâques) à la paroisse entre les mains du cardinal de Bouillon, et toucha ensuite treize cents malades. »
Le Roi pratique aussi chaque année le Jeudi Saint, une action digne de sa singulière Piété ; car après le Service, l’Absoute et la Prédication, Sa Majesté accompagnée de tous les Seigneurs de sa Cour, lave les pieds à treize pauvres enfans, revetus d’une longue Robe de ratine rouge ayant une serviette au col qui s’estend jusqu’à leurs pieds[2], à chacun desquels elle distribue ensuite par les mains de Monseigneur le Grand Aumonier de France, treize plats de bois garnis de poissons chacun avec la figure de l’un des Apostres, un pot de vin, deux Aulnes de toile, et treize écus blancs dans une bource à treize pendans, ce qui est mis dans une manne et donné ensemble à chacune des Mères de ces enfans[3].
[2] L’Etat de France de 1692 contient aussi, à ce sujet, d’intéressants détails, t. I, p. 20, 70, 120, 387.
[3] Ce que Blégny devroit ajouter, c’est que les princes prenoient part à cette cérémonie de la Cène, comme on l’appeloit, et y servoient : « Le roi, écrit Dangeau, à la date du Jeudi Saint, 7 avril 1689, entendit le sermon de l’abbé Roquette, qui prêcha à merveille ; ensuite le Roi fit la cérémonie de laver les pieds des pauvres. Monseigneur le duc de Bourgogne servit à la cène pour la première fois. Monseigneur — c’est le Dauphin — communia à la paroisse, et puis revint servir à la cène. »
Le même jour Monseigneur l’Archeveque de Paris, fait aussi la Sêne dans la grande salle de l’Archeveché, où il lave pareillement les pieds à douze pauvres, à chacun desquels il distribue trois plats de bois garnis de poissons, un pain, un pinte de vin et un écu blanc.