M. d’Aligre[9], ruë Saint Dominique, Quartier Saint Germain.

[9] Fils du chancelier Etienne d’Aligre. Il avoit dû à la haute position de son père d’être fait conseiller ordinaire, sans passer par le titre de conseiller de semestre. Cette faveur étoit grande, et personne de son rang ne l’obtint après lui, ce que Dangeau n’oublia pas de constater, en parlant de sa mort le 19 mai 1695.

M. de Pommereu[10], vieille rue du Temple.

[10] Aug. Rob. de Pommereu, seigneur de la Bretêche-Saint-Non, fut intendant du Bourbonnais et de Bretagne, où Mme de Sévigné le trouva le plus honnête homme et le plus bel esprit de la robe. Il fut ensuite à Paris prévôt des marchands de 1676 à 1683, et devint deux ans après conseiller d’Etat. Quand il mourut en septembre 1699, Saint-Simon écrivit en marge de son manuscrit du Journal de Dangeau cette note qui vaut une oraison funèbre : « homme droit, ferme, et transcendant, qui avoit et méritoit des amis. »

M. d’Argouges[11], ruë de l’Echarpe.

[11] Frère du lieutenant civil. Il fut fait conseiller d’Etat avec Caumartin, le 20 janvier 1685 : « Ils étoient, dit Dangeau, les plus anciens du semestre. »

M. Bignon[12], ruë des Bernardins[13].

[12] Jérôme Bignon, fils de l’avocat général au Parlement, et conseiller d’Etat depuis le 28 mars 1686. Saint-Simon, qui « étoit de père en fils ami particulier des Bignon », l’avoit en grande estime.

[13] L’hôtel patrimonial des Bignon s’y trouvoit. Il avoit été construit en 1566 pour Jacques Lefèvre, abbé de la Chaise-Dieu, conseiller intime de Charles IX. L’étage inférieur, dont les sculptures allégoriques, datées de 1567, sont attribuées à Jean Goujon, fut transporté, après la démolition de l’hôtel, en 1830, dans la seconde cour de l’École des Beaux Arts, où il est toujours. L’abbé Bignon, fils du conseiller d’Etat et bibliothécaire du roi, avoit, au commencement du XVIIIe siècle, vendu l’hôtel au chancelier de la principauté de Dombes, M. Chol de Torpane, dont il avoit pris le nom.

M. Rouillé[14], Isle Notre Dame.