[23] C’est là, en effet, que se vendoient les « aiguilles de Paris », dont Gros René, « avec tant de fanfare », donna un demi-cent à Marinette. Cette maison de l’Y existe encore, avec la fameuse lettre figurée en fer au milieu des balcons du premier étage. C’étoit une enseigne en rébus, comme il y en avoit tant : « les grègues, ou culottes à la grecque, dit Aimé Martin, dans une note sur la Fable 15 du livre III de La Fontaine, s’attachoient avec un nœud de ruban nommé un lie-grègue, qui a longtemps servi d’enseigne aux merciers, avec cette légende-rébus : à l’Y. » Plusieurs marchands avoient pris cette enseigne, entre autres un marchand d’épingles du Petit-Pont, dont la boutique fut brûlée par l’incendie de 1718, mais c’est le mercier de la rue de la Huchette qui la rendit le plus célèbre, il est parlé de sa boutique et de sa marchandise dans l’introuvable petit poëme scarronnesque du chevalier de Loutaud, Plaidoyez d’Ajax et d’Ulysse… 1653, in-12, p. 28 :
J’avois aiguilles de Paris
De l’Y grec dedans la Huchette,
Où j’en fais toujours mon emplette.
V. sur la maison où se trouve cette boutique célèbre l’abbé Le Beuf, édit. Cocheris, t. III, p. 61.
Le Sieur Langlois rue saint Sauveur au Fer à cheval, fait des Buscs et Bois d’Evantails[24] d’une grande propreté[25].
[24] « Les buscs et bois d’éventail curieux. » Édit. de 1691, p. 23.
[25] Les buscs, si nécessaires pour les hauts et roides corsages que les femmes portoient alors, se façonnoient en ivoire ou en bois. Mme de Villedieu en a fait le sujet d’une galanterie assez leste, imprimée à la suite de son poëme le plus rare, le Carousel de Monseigneur le Dauphin. 1672, in-12, p. 14 :
Qu’il est heureux de tous costez
Le joly bois que vous portez, etc.