[12] C’est, dans le système de Ptolémée, le ciel des fixes, supérieur au ciel des planètes.
Considérations sur l’œconomie universelle et sur les parties principales du monde.
Dans l’Astronomie la représentation de l’assemblage entier de tous les globes simples dont il vient d’être parlé, forme un Globe composé qui a reçu le nom de Sphère, et au milieu duquel on met un axe ou essieu sur lequel on suppose que tous les Cieux ensemble tournent en vingt-quatre heures d’Orient en Occident, quoique la Terre demeure fixe à leur égard[13].
[13] Il est inutile de dire que le système de Ptolémée a ce principe erroné pour base. « Il s’est, dit Ferd. Hœfer, Hist. de l’astronomie, p. 209, tellement identifié avec le langage et les idées traditionnels, que l’on dit encore aujourd’hui que le Soleil marche, qu’il se lève, qu’il se couche, etc., absolument comme si la Terre étoit immobile au centre du monde. »
Cet axe est supposé avoir ses deux points ou terminaisons au premier mobile[14] et traverser diamétralement toute la sphère, on imagine l’un de ces points à la partie Septentrionale, et l’autre à la partie Méridionale de ce Ciel, et l’on appelle le premier Pôle Artique, et le deuxième Pôle Antartique.
[14] On appeloit, dans l’astronomie ancienne, « premier mobile », la première et la plus haute des sphères célestes, qui se meut et donne le mouvement aux sphères inférieures. Le temps « du premier mobile » est le temps qui est mesuré par le retour des étoiles au méridien.
Ces noms qui, comme il vient d’être dit, n’appartiennent proprement qu’aux deux terminaisons de l’axe, ne laissent pas que de servir dans la Géographie de la Terre pour exprimer les deux points où l’on fait commencer les Lignes qui vont à ces mêmes terminaisons.
Ce qui a donné les noms aux sept premiers cieux[15], est ce qu’on nomme Planettes. Ce sont des Astres qu’on distingue des Etoiles fixes du firmament, en ce que celles-ci dans leur mouvement gardent toujours un ordre et une distance égale, et que celles-là, au contraire, changent de situation les unes à l’égard des autres, pendant même qu’elles sont toutes emportées par un mouvement général d’Orient en Occident sur l’Axe qui vient d’être supposé.
[15] V. ce qui a été dit un peu plus haut.
Cette variété de situations vient de ce que ce mouvement général n’empêche pas qu’elles n’ayent chacune un mouvement particulier et naturel d’Occident en Orient dans lequel elles sont inclinées, tantôt vers les signes Méridionaux, tantôt vers les signes Septentrionaux, les unes plus, les autres moins ; et que d’ailleurs elles peuvent avoir jusqu’à sept ou huit degrez de latitudes dans chaque signe, ce qui fait qu’on les imagine comme enclavées dans un même Cercle qu’on nomme Zodiaque[16] et qu’on fait le plus large de la Sphère.