--Assurément, Armand, tu ne lui as pas payé ce mois-ci?
--Sans doute. Pourquoi pas?
--Pourquoi pas?
--Pourquoi pas! n'as-tu pas entendu toutes les insolences qu'elle m'a dites?... Oui! dis-tu, et tu demandes: pourquoi pas, Armand Durand, vous n'avez pas le coeur d'un homme, car vous ne seriez pas resté lâchement ici pendant que là-bas votre femme était insultée, et vous n'auriez pas payé la misérable qui la vilipendait.
Ici madame Martel fit entendre un gros soupir.
--Mais vous étiez deux contre elle, répondit Armand, et certainement très-capables pour votre adversaire.
--Ainsi donc, non content de l'encourager par ton silence et ton abstention, de lui payer les gages qu'elle avait perdus, voici que tu prends maintenant sa part? demanda la jeune femme avec colère.
Madame Martel fit encore entendre un soupir plus fort que le premier et toussa brusquement, ce qui était évidemment un préliminaire à la part active qu'elle se disposait de prendre dans le nouvel engagement qui commençait. Armand se contenta de saisir ent toute hâte son chapeau et de sortir, murmurant entre ses dents que d'autres affaires le réclamaient ailleurs.
Ces affaires auxquelles il avait vaguement fait allusion n'étaient rien autre chose qu'une promenade en attendant que l'heure fût arrivée pour lui de se rendre au bureau, où il s'installa bientôt en se félicitant intérieurement d'avoir à sa disposition un asile aussi sûr et aussi tranquille.
Cependant le moment d'en partir était venu, et il se disposait à ramasser quelques livres et papiers qu'il voulait apporter avec lui à la maison lorsque, à sa grande surprise, il aperçut sa tante Françoise qui entrait dans le bureau.