--Je pense que oui, puisqu'il nous a invités è venir ici! Je m'appelle Paul Durand, et je vous présente mon frère Armand.

Les grands yeux de la jeune fille lancèrent sur eux un regard sous lequel Armand devint écarlate, et cette fois, elle leur parla plus doucement:

--Mon oncle va venir dans quelques instants, dit-elle, et il sera enchanté de vous voir.

Au moment où elle sortait, Paul grommela:

--Elle est assez jolie, mais je haïs les filles! elles ont si peu de sens commue et sont si remplies d'affectation!

Armand soutint de son côté que du moins il n'y avait rien de déplaisant dans l'échantillon du sexe que son frère venait de condamner d'une manière si sommaire.

--Les voilà! ajouta-t-il en entendant par la fenêtre ouverte le bruit des rires et des voix qui se rapprochaient.

Ils entrèrent. M. de Courval qui venait le premier leur présenta la main avec bienveillance.

--Vous allez, leur dit-il, rencontrer ici quelques-uns de vos amis; il y en deux ou trois du même collège que vous.

Lorsqu'Armand, en jetant un regard autour de lui, vit que tout le groupe de jeunes gens qui entourait M. de Courval avait les yeux fixés sur lui et son frère, il devint presque nerveux; mais ses esprits troublés se rassurèrent presqu'aussitôt en apercevant Victor de Montenay au milieu d'eux. Il s'avança vers lui d'un pas timide mais empressé, et tendit la main à son affectionné et tendre ami de collège; mais celui-ci, feignant ne pas s'apercevoir de son mouvement, fit un petit salut et lui dit: