Le renard vient après le chien. Sa peau est du plus beau lustre, et dans la Sibérie il n'y a point de fourrure qui puisse soutenir la comparaison avec la peau de renard du Kamtchatka.

Le bélier de ce pays est un excellent manger; sa peau est d'un très-grand prix, et ses cornes sont aussi un objet de commerce; mais dans ces dernières années le nombre en a beaucoup diminué.

La martre zibeline est très-commune au Kamtchatka; les naturels sont constamment à la chasse de cet animal, ainsi que les étrangers. Le nombre des martres apportées l'année dernière (1770) du Kamtchatka au marché se montait à six mille huit cents. La fourrure de la marmotte est très-chaude et très-légère.

Les ours sont très-nombreux; leur humeur est assez pacifique, et jamais ils ne font de mal que pour leur propre défense. Les chasseurs sont obligés de chasser l'ours pour leur subsistance; souvent ils reviennent déchirés; mais l'ours tue rarement: il semble que cet animal épargne la vie de son ennemi, quand celui-ci n'est plus à craindre. Il n'y a point d'exemple qu'il ait blessé une femme. Ces animaux sont gras en été, et maigres en hiver.

Le manate ressemble à la vache par la tête. Les femelles ont deux mamelles, et tiennent leurs petits contre leur sein. Les Français ont appelé cet animal lamentin, à cause de son cri. Sa peau est noire et rude, épaisse comme l'écorce d'un chêne, et capable de résister au tranchant de la hache. Ses dents sont préférées à l'ivoire. Le Kamtchatka en produit annuellement de deux cent cinquante à trois cents livres. La chair ressemble à celle du bœuf parvenu à son entière croissance, et, quand le lamentin est jeune, à celle du veau.

On trouve ici des castors. La peau de cet animal est aussi douce que le duvet; ses dents sont petites et bien affilées; sa queue, courte, plate et large, se termine en pointe. On le prend à la ligne, et quelquefois on le tire sous la glace.

Le lion de mer est de la taille d'un bœuf; son cri est épouvantable; mais, heureusement pour les navigateurs, c'est un des signes qui annoncent le voisinage de la terre, pendant les brouillards si communs en ce pays. Cet animal est timide; on le harponne, ou bien on le tire à coups de fusils ou de flèches.

Le veau marin se trouve en grande quantité près de toutes les îles et de tous les promontoires; il ne s'éloigne jamais de la côte, mais il remonte l'embouchure des rivières pour dévorer le poisson. On se sert de sa peau pour faire des bottines. Les habitants le prennent à la ligne.

Le Kamtchatka produit quantité de différentes sortes de poissons, depuis la baleine jusqu'aux plus petites espèces; mais les oiseaux sont en très-petit nombre.