Mais si la vengeance n'est pas permise aux juifs, qu'une haine implacable s'empare de tous les cœurs et que jamais elle ne s'apaise.

Léguez pour l'éternité à vos enfants, adjurez vos descendants, grands et petits, de ne jamais retourner dans le pays scellé de ton sang. Que leur pied jamais ne foule la presqu'île des Pyrénées.

Le désespoir, la désolation du poète se concentrent dans les dernières strophes, où il raconte comment la jeune fille et sa mère se sont jetées dans l'eau.

Seul le regard du Monde, silencieux à travers les nuages, l'œil, témoin de la fin de toutes choses, contemple la fin de ces milliers d'êtres sans laisser couler une seule larme.

Son dernier poème historique, «Le roi Sédécie en prison», date d'une époque où le scepticisme du poète s'est affermi. Ce sont les tendances morales l'emportant sur la politique qui ont amené, selon Gordon, l'État juif à sa perte. Ce n'est plus au rabbinisme, mais c'est aux principes même du Judaïsme des prophètes qu'il s'attaque. Ces idées, il les mettra dans la bouche du roi de Juda captif de Nabuchodonosor: les revendications du pouvoir politique contre les prétentions moralistes des prophètes.

Le roi passe en revue tous ses malheurs, et il se demande à quelle cause il doit les attribuer.

Est-ce parce que je ne me suis pas soumis à la volonté de Jérémie? Mais qu'est-ce que le prêtre d'Anatole voulait au juste?

Non, le roi ne peut admettre que:

La Ville serait encore debout si le sabbat n'avait pas été violé.

Le prophète proclame la suprématie de la lettre et de la Loi primant le travail et l'art guerrier, mais