Ouled-Kassin, 11 avril, 7 heures matin.
Baromètre holostérique no1764mm,2
Baromètre holostérique no2765mm,2
Thermomètre+ 19°,5
Thermomètre frondé au dehors+ 16°,8
Vent. — N. faible (2).
État du ciel. — Beau (3) brumeux.— Fracto-cumulus à l’horizon Est.
A 6 heures du matin le thermomètre frondédonnait+ 15°,3
Kelebin,11 avril, 12h 45.
Baromètre holostérique no1764mm,8
Baromètre holostérique no2765mm,1
Thermomètre+ 19°,0
Thermomètre frondé+ 19°,0
El-Ataïa,12 avril, 6 heures matin.
Baromètre holostérique no1763mm,9
Baromètre holostérique no2764mm,2
Thermomètre+ 15°,6
Thermomètre frondé+ 15°,6
Vent. — S.O. modéré (3).
État du ciel. — Beau (1) brumeux.— Fracto-cumulus à l’horizon S.O.
Cherki,12 avril, midi.
Baromètre holostérique no1764mm,0
Baromètre holostérique no2764mm,0
Thermomètre+ 21°,3
Thermomètre frondé au dehors+ 23°,0
Vent. — S.S.E. faible (2).
État du ciel. — Très beau (1),légère brume.
Cherki,12 avril, 6 heures soir.
Baromètre holostérique no1763mm,2
Baromètre holostérique no2763mm,5
Thermomètre+ 19°,0
Thermomètre frondé+ 19°,0
Vent. — S. faible (2).
État du ciel. — Beau (1),quelques strato-cirrus à l’Ouest.
Cherki,13 avril, 6h 30 matin.
Baromètre holostérique no1764mm,2
Baromètre holostérique no2764mm,6
Thermomètre+ 19°,4
Thermomètre frondé+ 17°,5
Thermomètre minima de la nuit+ 14°,3
Vent. — Nul (0).
État du ciel. — Beau (1),brume.

III

Trajet de Sfax à Gafsa : Oued Leben, Djebel Bou-Hedma, les Aïeïcha, Djebel Sened, la Madjoura.

Le 17 avril, à une heure du soir, après avoir consacré trois jours aux préparatifs de départ et à la mise en ordre de nos récoltes, nous levons le camp et prenons la route de Gafsa par la plaine de Chaal et l’Oued Leben. Nous sommes munis de deux tentes de seize hommes, l’une pour nous et notre matériel, l’autre pour les hommes de l’escorte. Notre personnel se compose de cinq hommes du train, dont un brigadier, deux cavaliers indigènes des compagnies mixtes et deux chameliers. Le nombre des animaux est de dix-sept, savoir : quatre chevaux montés, huit mulets du train, dont deux montés et six chargés ; et cinq chameaux. C’est à peine suffisant, car, vu le nombre d’étapes que nous avons à fournir avant d’atteindre un point de ravitaillement, il nous faut, outre nos bagages, emporter des vivres en assez grande quantité pour nos hommes et nos animaux.

Notre itinéraire ayant été soigneusement tracé avec le concours du capitaine Coste, de la 3e compagnie mixte, lequel a fait campagne dans la région que nous allons explorer, nous nous dirigeons sur le Bir Khlifa, première halte que nous atteignons vers six heures du soir. Le camp est aussitôt dressé à proximité du puits et au pied d’une petite éminence couronnée par les restes des travaux exécutés par les Romains dans le but d’élever et de distribuer les eaux à l’entour, ainsi qu’ils avaient coutume de le faire dans ces contrées entièrement dépourvues d’irrigations naturelles. Notre première installation s’étant opérée sans difficulté, nous pouvons espérer que notre voyage s’effectuera dans de bonnes conditions, ce dont il était essentiel de s’assurer avant de pousser plus avant.

Le 18, dès que les rayons du soleil éclairent les blanches koubas de Sidi-Aguereb dont nous ne sommes éloignés que d’environ deux kilomètres, les tentes sont repliées et le chargement reconstitué en y apportant quelques modifications dont l’expérience nous a démontré la nécessité. La route que nous suivons a dû être l’ancienne voie romaine conduisant à Capsa, aujourd’hui Gafsa ; nous la verrons dans la suite indiquée par une série de puits et de ruines d’anciennes villes ou de postes militaires distants de quelques kilomètres les uns des autres. Une température modérée favorise notre marche, et l’état satisfaisant de la végétation, exceptionnellement entretenue cette année par de fréquentes pluies, nous promet de riches récoltes en plantes et en insectes ; mais, comme il importe de ne pas nous encombrer dès le premier jour d’espèces déjà recueillies antérieurement par M. Kralik en 1854 et par moi-même en 1874, nous nous bornons à prendre des échantillons des plantes les plus intéressantes et à dresser une liste de plus de 100 espèces qui nous démontre de nouveau l’association des formes désertiques à celles qui sont plus spéciales soit à la région septentrionale, soit à la zone littorale.

Bir Khlifa est riche en plantes, mais la flore en est assez analogue à celle des environs immédiats de Sfax ; aussi je me bornerai à mentionner les espèces suivantes qui en donnent le caractère général : Enarthrocarpus clavatus (des parties chaudes des Hauts-Plateaux et du Sahara en Algérie), Pteranthus echinatus, Gymnocarpus fruticosus (Sahara en Algérie), Deverra tortuosa (manquant à l’Algérie), Daucus pubescens (Sahara en Algérie), Achillea Santolina, Cyrtolepis Alexandrina (Sahara en Algérie), Spitzelia cupuligera, Plantago ovata (presque exclusivement saharien en Algérie), Pennisetum ciliare (Sahara en Algérie), Ægilops ventricosa (assez rare en Tunisie, tandis qu’il est commun en Algérie).

La faune de ce point ne diffère pas non plus sensiblement de celle de Sfax.

La seconde journée de marche nous conduit au bord de l’Oued Bateha, cours d’eau assez important dont le lit très large est profondément creusé dans des terrains argilo-sableux d’une assez grande fertilité. Dès notre arrivée, à une heure du soir, nos tentes sont dressées sur la rive droite de l’oued qui doit nous fournir une eau abondante mais légèrement saline, et nous avons bien soin de nous tenir à quelque distance des douars, sachant par expérience que la proximité de ces agglomérations indigènes cause toujours plus d’ennuis qu’elle n’offre d’avantages.

Les bords de l’oued, à l’exploration desquels nous consacrons tout le reste de la soirée, offrent beaucoup d’intérêt tant au point de vue botanique qu’au point de vue zoologique ; les productions naturelles s’y font remarquer par leur caractère particulièrement saharien et, sans l’obligation où nous sommes de gagner promptement le Sud, nous consacrerions volontiers plusieurs jours à cette station. Le désir de nous procurer certaines espèces d’Orthoptères nous fait poursuivre nos recherches même dans la nuit à l’aide d’une lanterne, malgré les dangers auxquels nous exposent les érosions profondes qui sillonnent les abords du lit de l’oued autour de notre campement.