Mais des auteurs, tels que Juvénal, Martial, Lucien, ne peuvent comprendre que la Vénus terrestre—ses jeux sont vraiment bien limités. Et comment s'intéresser à ses gymnastiques érotiques, à tout ce mécanisme des viscères qu'ils décrivent?
Aimer un corps de tout son corps—sans plus—ne devrait appartenir qu'au règne animal.
Aimer une âme de toute son âme est déjà du règne des esprits, mais que l'être humain (doué d'un corps et doué d'une âme) aime le corps—de toute son âme.
La Vénus céleste transfigure le corps qu'elle possède. Sous son influence le langage s'élève et devient rythme: une lyrique brûlure: On peut bien dire que les paroles de Sappho sont aussi mêlées de flamme, et quelle exalte dans ses vers l'ardeur dont elle brûle» (Plutarque «De l'Amour»).
«On ne saurait blâmer la charité de Mlle Le Fèvre (Aussi de Welcker, Gorsse, Wilamowitz Moellendorff, Th. Reinach...), qui a tâché, pour l'honneur de Sappho, de rendre le fait incertain; mais je la crois trop raisonnable pour se fâcher que nous en croyions nos propres yeux. L'ode que Longin a rapportée n'est point du style d'une amie qui écrit à son amie: tout y sent l'amour de concupiscence sans cela, Longin, cet habile connaisseur, ne l'eût pas donnée comme un modèle de l'art avec lequel les grands maîtres peignent les choses; il ne l'eut pas, dis-je, donné comme un exemple de cet art la manière dont on ramasse dans cette ode les symptômes de la fureur amoureuse...
«Pierre Bayle, Dictionnaire critique, 1697 (nouvelle édition, 1820, tome XIII, art. Sappho, p. 94).
«Les ouvrages de Sappho ne renferment-ils pas tous les principes de Socrate sur le sujet de l'amour? Socrate et Sappho me paraissent avoir dit la même chose, l'un de l'amour des hommes et l'autre de l'amour des femmes. Ils annoncent qu'ils ont de nombreuses amours et que la beauté est toujours sûre de les enflammer. Ce qu'Alcibiade, Charmide et Phèdre sont pour Socrate, Gyrinne, Atthis et Anactorie le sont pour Sappho: et si Socrate a pour rivaux, sous certain rapport, Prodicos, Gorgias, Thrasymaque et Protagoras, Sappho a pour rivales Gorgo et Andromède. Tantôt elle leur fait des reproches, tantôt elle les querelle; tantôt elle le prend avec elles sur le ton d'ironie qui était si familier à Socrate. (... «Tu me parais une enfant non encore formée.») Socrate tourne en ridicule le costume et les attitudes des Sophistes, Sappho parle d'une «femme vêtue comme une paysanne qui ne sait pas relever sa robe sur ses chevilles». Sappho marie ces idées en comparant l'amour à de la douce-amère, à de l'aigre-doux. Socrate traite l'amour de sophiste. Sappho le traite de conteur. Les transports d'amour de Socrate pour Phèdre sont des transports de Bacchante; «l'amour agite l'âme de Sappho comme les vents agitent les chênes des montagnes.» (Maxime de Tyr).
«Ainsi Sappho réunissait dans sa maison, quelle appelait la Maison amie des Muses de belles jeunes amies avec lesquelles elle chantait et auxquelles l'attachait l'amour exalté d'une méridionale au sang chaud...» (W. Christ, Histoire de la littérature grecque, 1890, p. 128).
Havelock Ellis Cas XIV. «Il admet que la promiscuité des écoles, casernes, bateaux, télégraphes, usines, etc..., tend à développer des passions qui, si les relations avec des filles et des femmes étaient plus faciles, prendraient la forme ordinaire.»
Clemence Dane attribue leur développement à l'éducation séparée; elle conclut en faveur de la co-éducation, la co-éducation, tendance moderne, avec ses avantages et ses désavantages.