— Là, Pietje ; voilà, Janeke ; et toi, Leentje, en as-tu ?
— Oui, madame Angelinette.
— Tu es notre marraine, n’est-ce pas, madame Angelinette ?
— Oui, votre marraine à tous. Viens, Titatje.
Elle assit l’enfant sur le bord de la charrette et, avec une cuillère, lui mit de petits tas de glace dans la bouche.
— Doucement, Titatje : c’est très froid pour tes petites dents ; mais c’est bon, dis, par cette chaleur.
Le quartier puait la charogne, la bière sure, les moules, les frites écœurantes, et le soleil suçait la sueur des gens et des choses. Angelinette ne put plus résister à la tentation de prendre une glace, bien que cela lui donnât des crampes.
— Bah ! je soignerai les crampes : après la bordée de la nuit, je suis comme roussie en dedans.
Et elle avala un grand cornet de glace.
— Là, êtes-vous contents ? Embrassez-moi tous et allez jouer à l’ombre de la Halle aux viandes.