— Ah ! te voilà ! Tu n’engraisses pas : fatiguée ?

— Mais cela existe-t-il de n’être pas fatiguée ?

— Moi, je ne le suis jamais.

— Tu ne danses pas. Il est vrai que tu bois sec, mais rien ne te touche.

— Manquerait plus que cela, j’ai la clientèle la plus gourmande qui soit. C’est une bonne clientèle : obéissante et commençant toujours par vider ses poches.

Angelinette riait.

— Tu iras jusqu’à cent ans.

Piquée, Hélène voulait répondre : « C’est pas comme toi, tu n’en as plus pour deux ans. » Mais prise de pitié, et aussi par respect pour sa grand’mère et sa mère, qui étaient ses amies, elle se contenta de dire qu’elle voudrait bien vivre jusqu’à cent ans, que la vie en valait la peine.

Quand l’heure de la toilette approchait, Angelinette devenait de plus en plus languissante et disait à la vieille Hélène :

— Tout de même, quelle corvée de s’habiller, de danser et de boire !