Et il entra en bombe dans le magasin, prit une grande couque aux corinthes sur le comptoir et sortit en criant, dans sa langue, au pâtissier :
— Tante va le payer, tante va le payer ! Là, Katootje, ne pleure plus, fit-il, en embrassant délicatement la petite fille sur la bouche.
Maintenant qu’il était heureux, il avait surtout un rire qui vous réchauffait l’âme : un rire qui résonnait dans la maison comme une cloche annonçant le bonheur, comme un écho de joie et de confiance.
Plus tard… dans quelle voie le diriger ? Médecin, avocat, ingénieur ?… Il aime tout ce qui est mécanique, mais il aime aussi les fleurs, les bêtes, et il m’oblige de m’arrêter pour écouter les orgues. S’il est artiste, je le laisserai faire, mais je veux avant tout qu’il fasse des études sérieuses et qu’il apprenne la musique comme la grammaire. Tant de beautés m’échappent en musique parce que je ne la connais pas et que je ne suis pas assez instruite. J’ai tant, tant de sensations sur lesquelles je ne puis mettre de nom à cause de cette lacune, et j’aime, dans mes joies et mes peines, être consciente. Oh ! je ne parle pas de l’instruction sèche et pédante : l’autre, vous savez bien, celle qui vous dégage l’âme et vous fait sentir la beauté de ce nuage. Il me semble que la nature a fait de nous des embryons et que la culture nous met au point. Je n’ai compris la beauté de la Diane chasseresse du Louvre, la force nerveuse et l’élan de son corps souple, que lorsque j’ai su la mythologie et que j’ai connu la légende de sa vie dans les bois à la tête de ses soixante nymphes. Avant cela, je la trouvais une belle fille sauvage.
Un petit bonhomme comme ça vous prend exactement tout votre temps : mais quel beau livre ! je n’en ai jamais lu de semblable, et ma vie est devenue tout espérance. Ainsi je songeais, quand je le voyais heureux autour de moi.
Une lettre de la mère pour demander de l’argent.
— Il a tout et les autres rien !