« Voilà, pensais-je, en chantant des gammes : ils ont besoin l’un de l’autre pour s’épanouir, et c’est moi qui possède ces deux êtres exquis qui m’aiment et que j’adore. »


Un autre jour, mon professeur de chant amena, avec son gamin, une petite fille.

Quand on les annonça, Jantje était à la cuisine ; il remonta, bégayant d’émotion, et, quand il prit la main de la petite fille, la salive lui montait aux lèvres.

Jantje ne s’occupa que d’elle et l’embrassa en l’entourant de ses bras ; il la traîna doucement dans son traîneau, se retournant à chaque instant, et, quand Pierre voulut faire le cocher et frapper Jantje avec le fouet, la petite fille fit un tel bond qu’elle tomba hors du traîneau, qui passa sur elle. Jantje la ramassa avec un émoi indescriptible.

— Tante, elle est cassée ! Elle doit être cassée !

La petite fille, devant sa terreur, se reprit et, se frappant sur ses petits bras rouges, déclara qu’elle n’avait rien. Pierre s’était caché derrière les rosiers.

Nous goûtâmes, mais Jantje avait eu une telle émotion qu’il en était tout pâle et ne disait mot. Au moment de leur départ, il me demanda s’il pouvait donner sa poupée à la petite fille.

— Parce qu’elle a eu mal, tante.