— Tu les as comptées ?

Depuis qu’il était chez moi, nous comptions tous les jours jusqu’à cent ; et voilà un mois environ qu’il ne se trompait plus. Je recomptai avec lui : c’était exact.

— Tout à fait bien, tu es un grand garçon ; va les mettre dans le sac.

Il les y versa.

— Tu vois, Mileke, il y en a trente, ton sac sera vite plein.

— Mileke, Léon ! venez ici, voilà un bonbon.

Quand Jan eut déversé son dernier chapeau dans le sac, il me dit :

— Émile est grand, je l’aime bien, sais-tu, tante, il est comme moi et pas comme Pierre. Il a un nez inhumain, mais il n’a pas de mouchoir. Nous aimons tous les deux à travailler. Il m’a dit qu’il a eu cette semaine tous les bons points à l’école. Pourrai-je bientôt aller à l’école, tante ?

— Oui, mais pas tout de suite.

— Je suis comme lui, n’est-ce pas, tante ?