Je l’avais donc laissé avec elle et étais sortie faire des courses.
En rentrant, André se trouvait devant la porte avec son chien, un berger de Malines qu’il avait ramené de la campagne. Il ne pouvait garder le chien en ville parce que sa mère haïssait les bêtes et ne parlait que de leur faire une piqûre d’acide prussique sur le nez pour s’en débarrasser. Mais il l’avait amené pour faire une surprise à Jantje.
— Ne sonne pas, je vais ouvrir : il accourra et se trouvera devant le chien.
En effet, il accourut dès qu’il entendit la clef dans la serrure et s’arrêta net en voyant le chien.
— Eh bien, Jan, qu’en dis-tu ?
Jan ne disait rien, puis il s’avança et voulut caresser la bête, mais elle grogna, ne connaissant pas les enfants.
André caressa le chien, lui fit signe d’être doux, prit la main de Jantje et en flatta la bête.
— Tu vas lui donner du sucre.
Cela prit encore quelque temps avant qu’elle fût amadouée. Mais la vieille chienne était intelligente et câline, et quand, au dîner, Jantje lui donna des débris de viande et un grand os, alors ça ne traîna plus : l’alliance était faite et ils jouèrent au jardin. Toutefois, dès que son maître quittait le jardin, le chien lui emboîtait le pas.
C’est égal, ce furent pour Jantje huit jours de délices d’avoir Kô au jardin, Kô à côté de lui quand il mangeait, Kô qui suivait le tram quand on allait au bois, Kô qui galopait au bois et se roulait dans le gazon, mais surtout Kô qui sautait dans le lac et nageait loin, loin, pour ramener un bâton qu’André avait jeté, puis Kô se séchant, en se roulant dans les feuilles mortes, et qui courait en aboyant follement.