— Voilà pour toi.
Et un bébé, comme un magot, à grosses joues et petites menottes fines, jubilait en une voix susurrée, d’outre-mer.
— Là, pour toi.
Et une petite flamande rousse à la peau nacrée, en des cris discordants, s’emparait de la délicate fleur et, la brandissant au-dessus de sa tête, se mettait à danser.
— Viens, Patatje.
Et un enfant safran, aux grands yeux dolents, entre le rire et les pleurs, pressait la fleur sur sa poitrine.
— Là, maintenant jouez.
Et les petits se prirent par la main et, en rond, les uns dansant sauvagement, les autres en se balançant doucement, chantèrent une vieille ronde flamande, chacun avec la voix de ses ancêtres : douce, rude ou dolente. Angelinette chantait avec eux, tout en regardant au loin la silhouette d’un homme qui s’approchait. Les femmes, sur les portes, l’appelaient en des langues diverses ; lui venait tout droit vers Angelinette. Quand il fut tout près, elle se leva : il la suivit dans la maison.
Les enfants continuaient la ronde, ornés de leurs belles fleurs de papier.