— Le matin, quand je me réveille, gazouille-t-elle, les oiseaux chantent : alors celui que j’ai fait s’envoler peut chanter avec eux.
Oh ! comme je l’ai embrassée !
— Gilles, continue-t-elle, a une pie dans une malle ; quand il sera sorti avec les vaches, je la laisserai aussi s’envoler.
— Alors tu dois, avant d’ouvrir la malle, ouvrir la porte et les fenêtres, car la cheminée, c’est très haut et tout droit, et elle pourrait retomber dans les cendres chaudes de l’âtre.
— Oui, j’ouvrirai la porte, car je n’ose pas la prendre : elle est grande, la pie.
Cette adorable petite créature est réceptive à tout ce qui est bon, à tout ce qui est beau. La rose que je lui ai donnée, elle la met à côté d’elle dans une tasse d’eau pendant qu’elle mange.
Je ne puis rien pour elle, je dois me borner à soigner ses croûtes et les bleus qu’elle attrape à droite et à gauche.
25 juillet 1916.
Moi aussi, j’ai remporté une grande victoire. Je suis arrivée, à force de persuasion et d’insistance, à ce que Mitje veuille bien laver une fois par semaine, à l’eau chaude, le corps de ses petits frères et sœurs. Cela a été long et dur à faire comprendre et à obtenir. J’ai donné un bain de siège, une brosse à ongles, trois grands essuie-mains et un gant ferme pour frotter. Je lui ai fait chauffer de l’eau, additionnée de sel de soude, dans le chaudron des vaches, qui peut contenir une dizaine de seaux. Pour montrer comment il fallait s’y prendre, j’ai lavé chaque enfant dans le bain de siège et pour chacun nous avons renouvelé l’eau. Ils jubilaient en répétant constamment :
— Oh ! c’est bon ! oh ! c’est bon !