Fineke devient une beauté depuis qu’elle a reçu des soins : elle devient comme un fruit doré du Midi.

Mitje a pris à cœur, pendant tout l’hiver, de laver consciencieusement les enfants dans les coins et recoins, comme je le lui avais indiqué. Elle me montre leur derrière luisant et frais, que c’en est une joie.

Samedi passé, Mileke, après son bain, courut après elle dans la cour.

— Mitje ! Mitje ! tu dois aussi laver ton « holeke[4] ».

[4] Petit cul.

— Mais oui, fit Mitje.

Je ne voudrais pour rien au monde atténuer cette candeur, pas plus que quand Mitje vient fourrer son bras savoureux de dix-huit ans sous le nez de mon mari, en disant : « Voyez, monsieur, comme il est bien lavé, et nous n’avons plus de poux, pas un seul. »

Ce n’est pas grossièreté de nature, mais c’est dû à l’étonnante simplicité de leur vie et l’absence complète de contact avec le monde extérieur.

12 juin 1917.

J’avais mis des lunettes fumées pour traverser la rue du village, où le soleil dardait. Mileke et Fineke étaient assis dans la cour de leur ferme. Mileke avait une toute petite cerise, pas mûre, en main. Ils me regardaient impressionnés, ne sachant s’il fallait être sérieux ou rire ; ce n’est que lorsque j’éclatai de rire moi-même que leurs figures s’éclairèrent.