— Pourquoi vous rendez-vous laide ? demanda Fineke.
— J’ai mal aux yeux, vois-tu ; tu trouves que c’est laid ?
— Très laid, firent-ils.
— Maintenant je vais dîner.
Et je me retournai pour partir. Alors Fineke, comme se rappelant quelque chose, fouilla dans sa poche, en tira trois petites cerises pas mûres et me les donna.
— Je les avais mises dans ma poche pour vous.
Puis Mileke me donna aussi sa petite cerise… Mes trésors ! mes trésors ! comme je vous aime !… Et je partis.
Ce sont cependant des moments exquis, que je ne pourrais avoir seule, dans ma maisonnette entourée d’épines ; ma foi, j’y ferai venir Mileke et Fineke.
15 juin 1917.
Sus va venir ! On nettoie la maison, la cour, les étables, les champs, les enfants : ils en sont tous vibrants d’émotion. Sus va venir ! Il ne connaît pas ses deux plus jeunes frère et sœur, Fineke et Mileke. Depuis sept ans, les Frères de la Doctrine Chrétienne se sont emparés de lui, et, depuis quatre ans, il n’a pu voir sa famille.